dimanche 19 juin 2011

[revue de presse] - [100] - [Ni fleurs, ni discours: la vérité]


KARACHI :LONGUET REFUSE DE RENCONTRER LES VICTIMES A CHERBOURG
Arret sur images
"Après une visite à la base navale de Cherbourg, le ministre de la défense a déposé une gerbe de fleurs au pied la plaque rendant hommage aux victimes de l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi (14 morts dont 11 Français). Mais il n'a pas souhaité avoir un entretien avec les familles des victimes, qui, du coup, n'ont pas participé à la cérémonie.
"Les familles n'ont pas supporté qu'on leur propose d'assister à cette cérémonie sans que ne soit prévu d'entretien privé avec le ministre."
"Une heure après le dépôt de gerbe du ministre, l'une des veuves, Gisèle Leclerc, a déposé une banderole au-dessus de la gerbe au nom de trois veuves (Leclerc, Lecarpentier, Laurent). On pouvait y lire: "ni fleurs, ni discours, la vérité" signale l'AFP
"Le gouvernement nous dit on pense à vous. Mais par derrière, rien ne suit. Au contraire, le ministère fait tout ce qu'il peut pour qu'on ne sache rien de l'affaire", a déclaré Mme Leclerc."
lien direct : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11463

Autres articles :
- NI FLEURS, NI DISCOURS, LA VERITE - Guy Birenbaum
- LONGUET A CHERBOURG, LES FAMILLES DES VICTIMES ABSENTES, Nouvelobs

mercredi 15 juin 2011

[revue de presse] - [99] - [15 juin 2011]

ATTENTAT DE KARACHI : PLAINTE CONTRE LE JUGE BRUGUIERE
Nouvelobs.com / vidéo : BFM TV
"Des familles de victimes de l'attentat de Karachi ont déposé plainte vendredi contre l'ancien juge d'instruction Jean-Louis Bruguière après avoir constaté qu'un rapport médical affaiblissant la piste islamiste ne figurait pas au dossier, a-t-on appris auprès de leur avocat, Me Olivier Morice.

L'ancien magistrat, figure de la lutte antiterroriste jusqu'à son départ en 2007, est visé par une plainte simple pour "faux témoignage" et "entrave à la justice".
Ce rapport d'autopsie, en date du 23 mai 2002, établi par deux médecins légistes de l'Institut médico-légal de Paris, Dominique Lecomte et Walter Vorhauer, ne figurait pas au dossier alors que les deux spécialistes affirment l'avoir remis en juillet 2002.
L'un des médecins a même remis un récépissé de dépôt de ce dossier au greffe du juge d'instruction Jean-Louis Bruguière.
Ce rapport d'autopsie remet en cause la thèse de l'attentat-suicide commis par Al-Qaïda. "Le sujet se trouvant près du foyer d'explosion était en position debout", selon les légistes. Ce qui, selon Me Morice, "exclut à l'évidence quelqu'un conduisant le véhicule se faisant exploser près du car" transportant le personnel français de la Direction des constructions navales (DCN). Cet attentat, le 8 mai 2002, a tué 15 personnes dont 11 Français de la DCN.
M. Bruguière, entendu par le juge qui lui a succédé dans ce dossier, Marc Trévidic, assure que ce rapport ne lui a jamais été remis sinon il figurerait au dossier. M. Bruguière n'était pas joignable dans l'immédiat.
Ce rapport était en possession de la DST et d'un autre service de police, chargé de la coopération internationale.
Par ailleurs, l'avocat des parties civiles a demandé au garde des Sceaux Michel Mercier de saisir l'Inspection générale de services judiciaires afin de diligenter une enquête sur d'éventuels dysfonctionnements du service public de la justice."
lien direct : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110615.FAP9685/attentat-de-karachi-plainte-contre-l-ancien-juge-bruguiere.html

Autres articles :
- ATTENTAT DE KARACHI :N'OUBLIONS PAS ! - Rimbus le blog
- LA PLAINTE DES FAMILLES CONTRE L'EX JUGE BRUGUIERE - Mediapart

samedi 11 juin 2011

[revue de presse] - [98] - [27 mai - 8 juin 2011]


Petit retard dans le traitement des articles liés au Karachigate, pourtant nous avons connu quelques avancées ces dernières semaines...

1 /
NouvelObs 27.05.2011
"La cour d'appel de Paris a donné vendredi son feu vert à la transmission à la Cour de cassation d'une Question prioritaire de Constitutionnalité (QPC) déposée par les familles des victimes de l'attentat de de 2002 à Karachi pour contester la loi sur le secret défense.

[...]

Le 27 avril, Me Olivier Morice, avocats de familles de victimes, a donc déposé une QPC auprès du juge antiterroriste Marc Trévidic, en demandant que le juge instructeur effectue des perquisitions dans des locaux soumis au secret défense sans solliciter l'autorisation du pouvoir exécutif.

[...]

Le parquet général s'était prononcé contre une transmission de la QPC, estimant notamment que "les demandes formulées" sur la déclassification de documents avaient été "jusqu'à présent satisfaites".
A plusieurs reprises, les juges chargés de l'enquête se sont toutefois vu opposer le secret défense par le gouvernement qui, suivant les avis de la CCSDN, a refusé des déclassifications de documents et une perquisition.

[...]

La décision de la cour d'appel "est une grande victoire pour les familles des victimes", a réagi Me Olivier Morice. Il voit dans cette décision "une avancée judiciaire susceptible de contribuer à élucider les dossiers les plus gênants pour le pouvoir exécutif et à faire respecter les principe de la séparation des pouvoirs".
Dans son délibéré consulté par l'AFP, la cour d'appel a pris le contre-pied des arguments du parquet général en soulignant en particulier les risques "d'atteinte à un procès équitable" qui se caractérise notamment selon elle par "le respect de la séparation des pouvoirs"."

Peartree des articles de mai 2011 :

INTERVIEW DE BERNARD CAZENEUVE
TELE BRETAGNE OUEST / Mai 2011

2 / 
Guillaume Dasquié Owni.fr / 08.06.2011
"91 pages de notes, de télex et de rapports de la DGSE sur l’attentat de Karachi, publiés ici pour la première fois, permettront à chacun de se forger une opinion sur ce que les services secrets français savent de cette ténébreuse affaire. 

[...]

La lecture de ces 91 pages comblera les esprits soucieux de reconstitution factuelle. En particulier, elle leur permettra de découvrir, en détail, les violentes tensions provoquées au Pakistan par le niveau de corruption sur ce contrat. Mais elle décevra les partisans d’histoires vites résumées, défenseurs de thèses définitives. Ceux-là seront frustrés d’y découvrir que la responsabilité d’Al-Qaida n’a jamais été prise au sérieux par les premiers enquêteurs. Ou que la DGSE n’a jamais rédigé, le jour de l’attentat, une note établissant un lien entre cet attentat et un arrêt de commissions décidé par Jacques Chirac dans le cadre de rivalités propres à la scène française.
Ces pages ont été déclassifiées en plusieurs fois, et adressées au juge Marc Trévidic en charge de l’instruction judiciaire, bien souvent sans soucis de cohérence. Nous avons décidé de vous les présenter en restituant l’ordre dans lequel elles ont été rédigées, entre 1994 et 2009. Et en les regroupant dans dix dossiers chronologiques, correspondant à dix moments importants de l’affaire :

1 – Du 5 mai 1994 au 24 octobre 1997: les premières tensions au Pakistan (11 pages).
La négociation du contrat pour la vente des trois sous-marins Agosta, signé le 21 septembre 1994, fait intervenir un important intermédiaire pakistanais, Amer Lodhi, correspondant local des industriels français de l’armement. Le schéma de corruption profite en particulier à Ali Zardari – époux du Premier ministre de l’époque Bénazir Bhutto, avant de devenir plus tard président du Pakistan. Dès 1997, ces circuits financiers posent problème au Pakistan.

2 – Du 26 juin 1998 au 1er septembre 2000: au Pakistan de multiples procédures contre les bénéficiaires de ce contrat (15 pages).
Sur fonds de rivalités politiques, les militaires ayant profité des schémas de corruption pour le contrat des sous-marins sont inquiétés et poursuivis par l’administration pakistanaise.

3 – Du 8 mai au 11 mai 2002: les télégrammes adressés à la DGSE juste après l’attentat (5 pages).
Dans ce lot de documents, des sources judiciaires ont évoqué la présence d’une note datée du 8 mai 2002 faisant le lien entre l’attentat de Karachi, perpétré le jour même, et l’arrêt du versement de rétro commissions à des bénéficiaires français décidé en 1995 par Jacques Chirac. En réalité, la note où les services secrets français formuleraient eux-mêmes un tel lien n’existe pas. En revanche, il existe quatre comptes rendus de discussions, envoyés au quartier général de la DGSE entre le 8 mai et le 11 mai 2002, où des responsables politiques ou religieux pakistanais formulent leurs propres hypothèses au sujet de l’attentat. Cette liasse se lit plutôt comme un état des lieux des rumeurs sur place, recueillies peu après l’attaque terroriste. Dans ces télégrammes, un sénateur et un ambassadeur, connus pour leur hostilité envers l’Inde, y voient la marque des services secrets indiens. Et, surtout, le responsable d’une fondation islamique, farouchement opposée au président Pervez Musharraf (alors au pouvoir), y voit donc un règlement de compte anti français en relation avec des opérations de corruption au profit du même Musharraf. Sans faire aucun lien avec un arrêt du paiement de commissions ordonné par Chirac.

4 – Du 14 mai au 3 juin 2002: les premiers temps de l’enquête antiterroriste (14 pages).
Les Pakistanais tentent d’accréditer l’idée que l’attentat est l’œuvre d’Al-Qaida, ou d’un groupe venu de l’étranger. Cependant la DGSE montre, dans ses notes, qu’elle privilégie un attentat commis par des Pakistanais.

5 – Du 19 septembre au 26 décembre 2002: la DGSE reçoit les preuves des falsifications (12 pages).
La police pakistanaise interpelle deux suspects dans le dossier de l’attentat du 8 mai. Les agents de la DGSE relèvent des incohérences et surprennent les Pakistanais en flagrant délit de falsification (voir la note au sujet de la carte grise d’un présumé jihadiste).

6 – Du 14 mars au 8 septembre 2003: une évolution dans l’enquête (11 pages).
À la veille du procès des deux suspects, des services secrets français doutent toujours de leur culpabilité et s’intéressent à un important chef pakistanais, à la tête de plusieurs groupes islamistes armés, Amjad Farooqi.

7 – 28 septembre 2004: la mort d’Amjad Farooqi (5 pages).
Le 26 septembre de la même année Amjad Farooqi est tué dans une opération de police. La DGSE le présente clairement comme le cerveau de l’attentat du 8 mai 2002, mais précise qu’il n’entretient pas de lien étroit avec Al-Qaida. Des mentions blanchies dans la note ci-dessous donnent à penser qu’Amjad Farooqi était considéré comme un supplétif d’une partie des services secrets pakistanais de l’ISI.

8 – Du 7 mars au 9 septembre 2004: l’apparition tardive de l’hypothèse Al-Qaïda (9 pages).
Les interrogatoires de lieutenants d’Al-Qaïda emprisonnés à Guantanamo relancent la piste de l’organisation d’Oussama ben Laden comme responsable de l’attentat du 8 mai 2002. Mais dans ces documents, la DGSE ne règle pas les contradictions qu’elle avait elle-même identifiées pour écarter cette hypothèse.

9 – 17 février 2006: l’agrégation d’éléments disparates (6 pages).
Dans cette synthèse d’étape, la DGSE continue de pointer la responsabilité d’Amjad Farooqi tout en rajoutant celle d’Al-Qaïda.

10 – 7 mai 2009: l’acquittement des principaux suspects (3 pages).
La DGSE maintient sa version mais prend acte de l’acquittement des deux principaux suspects pakistanais. Les rédacteurs de la note rappellent les contradictions des éléments matériels recueillis par la police pakistanaise."


3 / 
Guillaume Dasquié / Owni / 08.06.2011
"...Jusqu’en 2007, le juge Jean-Louis Bruguière pilotait l’enquête sur l’attentat de Karachi du 8 mai 2002, en même temps qu’il présidait ce pôle spécialisé du tribunal. Or, son successeur Marc Trévidic a dernièrement découvert quelques curiosités quant aux actes naguère réalisés – ou oubliés – par son glorieux confrère dans ce dossier.

L’essentiel de cette audition porte sur un rapport d’autopsie capital. Celui du médecin légiste Dominique Lecomte, effectué peu après l’attentat, et qui contredit la thèse de l’attentat suicide. Un rapport passé aux oubliettes sous Bruguière et récemment découvert par Trévidic. Leurs explications à ce sujet, auxquelles participent Olivier Morice l’un des avocats des parties civiles, donnent le vertige. On y apprend que si la justice a été soigneusement tenue dans l’ignorance de ce document, en revanche les services de la DCRI (ex DST) en avaient vu passer une copie, qu’ils se sont bien gardés de transmettre au juge. Alors même que la DCRI travailla – a priori – pour le magistrat dans ce dossier."

jeudi 5 mai 2011

[revue de presse] - [97] - [23 mars - 5 mai 2011]

CA VOUS REGARDE : UNE ENQUÊTE QUI N'EN FINIT PAS
LCP

Débat diffusé sur LCP le 4 mai 2011 à l'occasion de la sortie du livre de Bernard Cazeneuve, "l'enquête impossible".


AFFAIRE KARACHI : LE RAPPORT D'AUTOPSIE QUI CHANGE TOUT
20 Minutes / 28.04.2011
"Énième rebondissement dans l'affaire Karachi. Le juge Trévidic a découvert que le rapport d'autopsie du supposé kamikaze responsable de l'attentat qui a coûté la vie à 14 personnes, dont 11 Français, en 2002, n'avait jamais été versé au dossier, révèle Lemonde.fr.

Pourtant, Dominique Lecomte, auteure du rapport et directrice de l'Institut médico-légal de Paris a affirmé avoir bien remis ce document au juge Jean-Louis Brugière, en charge de l'affaire jusqu'en 2007, mais qui ne l'a jamais versé au dossier. «Jean-Louis Bruguière nous a demandé le rapport avec insistance. Nous lui avons remis le 7 juillet 2002 l'original», a-t-elle expliqué lors de son audition devant le juge Trévidic le 25 mars dernier.

La thèse du kamikaze a du plomb dans l'aile

Or, cette autopsie, dont le juge a obtenu copie, change tout: elle montre que le supposé kamikaze se trouvait «près du foyer d'explosion» et «était en position debout». «Une information capitale», «qui change tout», selon le journal puisque cela signifie que le supposé kamikaze n’était pas assis dans le véhicule mais bien à l’extérieur. Ce qui ne colle pas avec la thèse du kamikaze, la thèse toujours officiellement retenue par les autorités françaises et pakistanaises, mais qui a de plus en plus du plomb dans l’aile. Interrogé par Le Monde sur l'absence de cette pièce dans le dossier, le juge Bruguière n'a pas fourni d'explications..."

LeMonde.fr / Fabrice Lhomme et Gérard Davet / 29.04.2011
"Saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le juge antiterroriste Marc Trévidic l'a transmise, mercredi 27 avril, à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Cette QPC pourrait remettre en question la législation actuelle sur le secret-défense. Il faudra, pour cela, passer le filtre final de la Cour de cassation, afin que le Conseil constitutionnel se prononce dans un délai de trois mois.

La QPC est soulevée par Me Olivier Morice, l'avocat de nombreuses parties civiles dans l'affaire de Karachi, dont sont saisis les juges Renaud Van Ruymbeke, pour le volet financier, et Marc Trévidic, pour l'aspect terroriste. Ceux-ci se sont heurtés à plusieurs reprises, dans leurs investigations, au secret-défense invoqué par les autorités, tant dans la déclassification de documents que dans l'éventualité de perquisitions.

La QPC évoque, dans un premier temps, la loi du 29 juillet 2009, qui a modifié les articles 413-9 et suivants du code pénal en sanctuarisant nombre de lieux comme les ministères ou les locaux de police. Deux types d'endroits sont définis, dans lesquels les magistrats ne peuvent plus pénétrer ni saisir d'objets sans être accompagnés par le président de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CSSDN) – celle-ci devant en outre donner un avis au ministre sur l'autorisation d'utiliser ou non ces saisies.

Un décret et deux arrêtés parus en juin 2009 ont défini ainsi une vingtaine de "lieux faisant l'objet d'une classification", ne relevant que des ministères de l'intérieur et de la défense (tels que les centres opérationnels). Ils sont décrits dans une annexe, elle-même classifiée pour cinq ans. Le second arrêté régit les "lieux abritant des éléments couverts par le secret", sans que la liste soit publiée. Le juge doit interroger la chancellerie, détentrice de la liste, pour savoir si l'endroit qu'il envisage de perquisitionner en fait partie.

L'opposition, à l'époque, n'avait pas déposé de recours devant le Conseil constitutionnel, peut-être parce que la loi contestée était discrètement inscrite au chapitre de la programmation militaire. "En interdisant la perquisition dans ces lieux, indique Me Morice, la loi a rendu encore plus difficile la tâche des magistrats." C'est ainsi que le juge Van Ruymbeke n'avait pu se livrer, en novembre 2010, à une perquisition dans les locaux de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Le magistrat avait pourtant sollicité la déclassification temporaire du siège des services secrets pour mener cette perquisition.

"LE MAGISTRAT N'EST PAS UN MINEUR SOUS TUTELLE"

"La déclassification temporaire de tout ou partie des locaux de la DGSE (…) ne peut recueillir mon accord, lui avait répondu le premier ministre François Fillon, compte tenu en particulier de l'avis défavorable émis ce jour par le président de la CCSDN." La QPC déposée par Me Morice soulève aussi l'épineux problème des documents classifiés. "Le magistrat n'est pas un mineur sous tutelle", indique le texte. Selon l'avocat, les dispositions législatives actuelles offrent la possibilité à l'exécutif "d'intervenir de manière déterminante dans l'issue d'une procédure judiciaire, en n'hésitant pas à entraver la recherche de la vérité".

Selon un avis du 6 avril, la CCSDN s'était ainsi dite défavorable à la déclassification de documents réclamés par le juge Renaud Van Ruymbeke. Le ministre du budget, François Baroin, a suivi l'avis de la commission. Le magistrat cherchait à obtenir des documents liés au contrat d'armement Sawari II, dans le cadre de son enquête sur d'éventuelles rétrocommissions versées pour la campagne d'Edouard Balladur, en 1995..."

A lire également : 
- AVEC LE SECRET DEFENSE, UNE DERAISON D'ETAT, Mediapart, Fabrice Arfi 19.04.2011


AFP
"Le député PS Bernard Cazeneuve décortique dans un livre les obstacles rencontrés par la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, qui a tué onze Français en 2002, du refus de transmettre des documents confidentiels à l'impossibilité d'auditionner certains témoins-clé.
Le maire de Cherbourg, dont étaient originaires les onze victimes françaises de l'attentat, estime qu'au cours de cette mission dont il était le rapporteur et qui a rendu ses travaux il y a un an, "la séparation des pouvoirs a été instrumentalisée".
"Elle a été invoquée aux juges pour empêcher la communication des auditions de la mission et au Parlement pour l'empêcher d'enquêter en lui refusant par exemple l'audition de collaborateurs du ministère de l'Economie ou la déclassification de documents", explique-t-il à l'AFP.
Dans "Karachi, l'enquête impossible" (Ed. Calmann-Lévy) à paraître mercredi, il relate ainsi comment le ministère de la Défense transmet des documents, demandés par les parlementaires, à la Commission consultative du secret-défense (CCSDN) pour obtenir son avis.
N'ayant pas été initialement saisie par un juge, la commission ne peut se prononcer sur leur éventuelle déclassification et par conséquent ni les juges ni la mission n'obtinrent ces documents avant la publication du rapport.
"Nous, parlementaires, n'avons même pas franchi l'obstacle de la séparation des pouvoirs avant même de pouvoir regarder ce qui était couvert par le secret-défense", estime le député.
Pour lui, "la question du secret-défense devra également être revisitée", soulignant qu'il a été "plus renforcé qu'allégé au cours de la législature".
M. Cazeneuve narre aussi la polémique entre parlementaires sur la transmission des comptes-rendus d'audition de la mission au juge Marc Trévidic, qui furent finalement spontanément transmis par l'un des membres de la mission.
Il fait aussi part des reproches exprimés au ministre de la Défense Hervé Morin, devant le "mépris" du gouvernement pour les parlementaires...."


BERNARD CAZENEUVE DENONCE LE MEPRIS DE L'ETAT
Le télégramme de Brest
"...Vous évoquez des entraves à la mission. De quel ordre étaient-elles?
Au nom de la séparation des pouvoirs, les parlementaires n'ont pas eu accès aux documents dont ils souhaitaient disposer, comme le contrat Agosta, des compte-rendus de réunions interministérielles. On nous a refusé aussi des documents que le juge n'avait pas demandés, sous prétexte qu'il pourrait les demander un jour! C'est hallucinant!..."


A lire également : 
- LE DEPUTE CAZENEUVE DENONCE UN "CYNISME D'ETAT, Mediapart, Fabrice Arfi 03.05.2011