PIÈCES A CONVICTION
France 3 / 7.02.2012
"Affaire Karachi enquête sur un trésor de guerre"
Présenté par Patricia Loison. Un documentaire Ligne de Mire productions. Débat en plateau avec le réalisateur et Sandrine Leclerc, fille de victime de l'attentat du 8 mai 2002.
Partie 1
Partie 2
Partie 3
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samedi 11 février 2012
jeudi 8 décembre 2011
[video] - [Karachi et le trésor de guerre]
Le 6e épisode de l'excellente série "Manipulations, une histoire française" de Jean-Robert Viallet, diffusée sur France 5, est en grande partie consacré au Karachigate.
Où comment, dans le cadre de la guerre des droites au milieu des années 90, l'affaire Karachi explique en partie, la montée en puissance de l'affaire Clearstream...
Durée : 53 minutes.
Où comment, dans le cadre de la guerre des droites au milieu des années 90, l'affaire Karachi explique en partie, la montée en puissance de l'affaire Clearstream...
Durée : 53 minutes.
mercredi 15 juin 2011
[revue de presse] - [99] - [15 juin 2011]
ATTENTAT DE KARACHI : PLAINTE CONTRE LE JUGE BRUGUIERE
Nouvelobs.com / vidéo : BFM TV
"Des familles de victimes de l'attentat de Karachi ont déposé plainte vendredi contre l'ancien juge d'instruction Jean-Louis Bruguière après avoir constaté qu'un rapport médical affaiblissant la piste islamiste ne figurait pas au dossier, a-t-on appris auprès de leur avocat, Me Olivier Morice.
Autres articles :
- ATTENTAT DE KARACHI :N'OUBLIONS PAS ! - Rimbus le blog
- LA PLAINTE DES FAMILLES CONTRE L'EX JUGE BRUGUIERE - Mediapart
Nouvelobs.com / vidéo : BFM TV
"Des familles de victimes de l'attentat de Karachi ont déposé plainte vendredi contre l'ancien juge d'instruction Jean-Louis Bruguière après avoir constaté qu'un rapport médical affaiblissant la piste islamiste ne figurait pas au dossier, a-t-on appris auprès de leur avocat, Me Olivier Morice.
L'ancien magistrat, figure de la lutte antiterroriste jusqu'à son départ en 2007, est visé par une plainte simple pour "faux témoignage" et "entrave à la justice".
Ce rapport d'autopsie, en date du 23 mai 2002, établi par deux médecins légistes de l'Institut médico-légal de Paris, Dominique Lecomte et Walter Vorhauer, ne figurait pas au dossier alors que les deux spécialistes affirment l'avoir remis en juillet 2002.
L'un des médecins a même remis un récépissé de dépôt de ce dossier au greffe du juge d'instruction Jean-Louis Bruguière.
Ce rapport d'autopsie remet en cause la thèse de l'attentat-suicide commis par Al-Qaïda. "Le sujet se trouvant près du foyer d'explosion était en position debout", selon les légistes. Ce qui, selon Me Morice, "exclut à l'évidence quelqu'un conduisant le véhicule se faisant exploser près du car" transportant le personnel français de la Direction des constructions navales (DCN). Cet attentat, le 8 mai 2002, a tué 15 personnes dont 11 Français de la DCN.
M. Bruguière, entendu par le juge qui lui a succédé dans ce dossier, Marc Trévidic, assure que ce rapport ne lui a jamais été remis sinon il figurerait au dossier. M. Bruguière n'était pas joignable dans l'immédiat.
Ce rapport était en possession de la DST et d'un autre service de police, chargé de la coopération internationale.
Par ailleurs, l'avocat des parties civiles a demandé au garde des Sceaux Michel Mercier de saisir l'Inspection générale de services judiciaires afin de diligenter une enquête sur d'éventuels dysfonctionnements du service public de la justice."
lien direct : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110615.FAP9685/attentat-de-karachi-plainte-contre-l-ancien-juge-bruguiere.htmlAutres articles :
- ATTENTAT DE KARACHI :N'OUBLIONS PAS ! - Rimbus le blog
- LA PLAINTE DES FAMILLES CONTRE L'EX JUGE BRUGUIERE - Mediapart
jeudi 5 mai 2011
[revue de presse] - [97] - [23 mars - 5 mai 2011]
CA VOUS REGARDE : UNE ENQUÊTE QUI N'EN FINIT PAS
LCP
Débat diffusé sur LCP le 4 mai 2011 à l'occasion de la sortie du livre de Bernard Cazeneuve, "l'enquête impossible".
AFFAIRE KARACHI : LE RAPPORT D'AUTOPSIE QUI CHANGE TOUT
LCP
Débat diffusé sur LCP le 4 mai 2011 à l'occasion de la sortie du livre de Bernard Cazeneuve, "l'enquête impossible".
AFFAIRE KARACHI : LE RAPPORT D'AUTOPSIE QUI CHANGE TOUT
20 Minutes / 28.04.2011
"Énième rebondissement dans l'affaire Karachi. Le juge Trévidic a découvert que le rapport d'autopsie du supposé kamikaze responsable de l'attentat qui a coûté la vie à 14 personnes, dont 11 Français, en 2002, n'avait jamais été versé au dossier, révèle Lemonde.fr.
Pourtant, Dominique Lecomte, auteure du rapport et directrice de l'Institut médico-légal de Paris a affirmé avoir bien remis ce document au juge Jean-Louis Brugière, en charge de l'affaire jusqu'en 2007, mais qui ne l'a jamais versé au dossier. «Jean-Louis Bruguière nous a demandé le rapport avec insistance. Nous lui avons remis le 7 juillet 2002 l'original», a-t-elle expliqué lors de son audition devant le juge Trévidic le 25 mars dernier.
La thèse du kamikaze a du plomb dans l'aile
Or, cette autopsie, dont le juge a obtenu copie, change tout: elle montre que le supposé kamikaze se trouvait «près du foyer d'explosion» et «était en position debout». «Une information capitale», «qui change tout», selon le journal puisque cela signifie que le supposé kamikaze n’était pas assis dans le véhicule mais bien à l’extérieur. Ce qui ne colle pas avec la thèse du kamikaze, la thèse toujours officiellement retenue par les autorités françaises et pakistanaises, mais qui a de plus en plus du plomb dans l’aile. Interrogé par Le Monde sur l'absence de cette pièce dans le dossier, le juge Bruguière n'a pas fourni d'explications..."
lien direct : http://www.20minutes.fr/article/714569/societe-affaire-karachi-rapport-autopsie-change-tout
LeMonde.fr / Fabrice Lhomme et Gérard Davet / 29.04.2011
"Saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), le juge antiterroriste Marc Trévidic l'a transmise, mercredi 27 avril, à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Cette QPC pourrait remettre en question la législation actuelle sur le secret-défense. Il faudra, pour cela, passer le filtre final de la Cour de cassation, afin que le Conseil constitutionnel se prononce dans un délai de trois mois.
La QPC est soulevée par Me Olivier Morice, l'avocat de nombreuses parties civiles dans l'affaire de Karachi, dont sont saisis les juges Renaud Van Ruymbeke, pour le volet financier, et Marc Trévidic, pour l'aspect terroriste. Ceux-ci se sont heurtés à plusieurs reprises, dans leurs investigations, au secret-défense invoqué par les autorités, tant dans la déclassification de documents que dans l'éventualité de perquisitions.
La QPC évoque, dans un premier temps, la loi du 29 juillet 2009, qui a modifié les articles 413-9 et suivants du code pénal en sanctuarisant nombre de lieux comme les ministères ou les locaux de police. Deux types d'endroits sont définis, dans lesquels les magistrats ne peuvent plus pénétrer ni saisir d'objets sans être accompagnés par le président de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CSSDN) – celle-ci devant en outre donner un avis au ministre sur l'autorisation d'utiliser ou non ces saisies.
Un décret et deux arrêtés parus en juin 2009 ont défini ainsi une vingtaine de "lieux faisant l'objet d'une classification", ne relevant que des ministères de l'intérieur et de la défense (tels que les centres opérationnels). Ils sont décrits dans une annexe, elle-même classifiée pour cinq ans. Le second arrêté régit les "lieux abritant des éléments couverts par le secret", sans que la liste soit publiée. Le juge doit interroger la chancellerie, détentrice de la liste, pour savoir si l'endroit qu'il envisage de perquisitionner en fait partie.
L'opposition, à l'époque, n'avait pas déposé de recours devant le Conseil constitutionnel, peut-être parce que la loi contestée était discrètement inscrite au chapitre de la programmation militaire. "En interdisant la perquisition dans ces lieux, indique Me Morice, la loi a rendu encore plus difficile la tâche des magistrats." C'est ainsi que le juge Van Ruymbeke n'avait pu se livrer, en novembre 2010, à une perquisition dans les locaux de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Le magistrat avait pourtant sollicité la déclassification temporaire du siège des services secrets pour mener cette perquisition.
"LE MAGISTRAT N'EST PAS UN MINEUR SOUS TUTELLE"
"La déclassification temporaire de tout ou partie des locaux de la DGSE (…) ne peut recueillir mon accord, lui avait répondu le premier ministre François Fillon, compte tenu en particulier de l'avis défavorable émis ce jour par le président de la CCSDN." La QPC déposée par Me Morice soulève aussi l'épineux problème des documents classifiés. "Le magistrat n'est pas un mineur sous tutelle", indique le texte. Selon l'avocat, les dispositions législatives actuelles offrent la possibilité à l'exécutif "d'intervenir de manière déterminante dans l'issue d'une procédure judiciaire, en n'hésitant pas à entraver la recherche de la vérité".
Selon un avis du 6 avril, la CCSDN s'était ainsi dite défavorable à la déclassification de documents réclamés par le juge Renaud Van Ruymbeke. Le ministre du budget, François Baroin, a suivi l'avis de la commission. Le magistrat cherchait à obtenir des documents liés au contrat d'armement Sawari II, dans le cadre de son enquête sur d'éventuelles rétrocommissions versées pour la campagne d'Edouard Balladur, en 1995..."
suite de l'article : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/04/28/affaire-de-karachi-la-loi-sur-le-secret-defense-contestee_1513887_823448.html
A lire également :
- AVEC LE SECRET DEFENSE, UNE DERAISON D'ETAT, Mediapart, Fabrice Arfi 19.04.2011
AFP
"Le député PS Bernard Cazeneuve décortique dans un livre les obstacles rencontrés par la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, qui a tué onze Français en 2002, du refus de transmettre des documents confidentiels à l'impossibilité d'auditionner certains témoins-clé.
Le maire de Cherbourg, dont étaient originaires les onze victimes françaises de l'attentat, estime qu'au cours de cette mission dont il était le rapporteur et qui a rendu ses travaux il y a un an, "la séparation des pouvoirs a été instrumentalisée".
"Elle a été invoquée aux juges pour empêcher la communication des auditions de la mission et au Parlement pour l'empêcher d'enquêter en lui refusant par exemple l'audition de collaborateurs du ministère de l'Economie ou la déclassification de documents", explique-t-il à l'AFP.
Dans "Karachi, l'enquête impossible" (Ed. Calmann-Lévy) à paraître mercredi, il relate ainsi comment le ministère de la Défense transmet des documents, demandés par les parlementaires, à la Commission consultative du secret-défense (CCSDN) pour obtenir son avis.
N'ayant pas été initialement saisie par un juge, la commission ne peut se prononcer sur leur éventuelle déclassification et par conséquent ni les juges ni la mission n'obtinrent ces documents avant la publication du rapport.
"Nous, parlementaires, n'avons même pas franchi l'obstacle de la séparation des pouvoirs avant même de pouvoir regarder ce qui était couvert par le secret-défense", estime le député.
Pour lui, "la question du secret-défense devra également être revisitée", soulignant qu'il a été "plus renforcé qu'allégé au cours de la législature".
M. Cazeneuve narre aussi la polémique entre parlementaires sur la transmission des comptes-rendus d'audition de la mission au juge Marc Trévidic, qui furent finalement spontanément transmis par l'un des membres de la mission.
Il fait aussi part des reproches exprimés au ministre de la Défense Hervé Morin, devant le "mépris" du gouvernement pour les parlementaires...."
suite de l'article : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5g8NtfhehptcBDbtSpIg-IoWAOIvg?docId=CNG.16d814a5d5a94e5b3aa4b452e5101484.241
BERNARD CAZENEUVE DENONCE LE MEPRIS DE L'ETAT
Le télégramme de Brest
"...Vous évoquez des entraves à la mission. De quel ordre étaient-elles?
Au nom de la séparation des pouvoirs, les parlementaires n'ont pas eu accès aux documents dont ils souhaitaient disposer, comme le contrat Agosta, des compte-rendus de réunions interministérielles. On nous a refusé aussi des documents que le juge n'avait pas demandés, sous prétexte qu'il pourrait les demander un jour! C'est hallucinant!..."
- LE DEPUTE CAZENEUVE DENONCE UN "CYNISME D'ETAT, Mediapart, Fabrice Arfi 03.05.2011
samedi 18 décembre 2010
[revue de presse] - [88] - [14-18 décembre 2010]
2 QUESTIONS AU GOUVERNEMENT AU SUJET DE "L'AFFAIRE KARACHI" 14/12/2010
BERNARD CAZENEUVE (PS) (réponse par FRANCOIS BAROUIN (UMP)
Patrick Roger, Le Monde 17/12/2010
La majorité du bureau de l'Assemblée nationale a refusé, mercredi 15 décembre, de transmettre au juge Marc Trévidic les documents et les enregistrements des auditions réalisées par la mission d'information sur l'attentat de Karachi, en 2002. Le bureau de l'Assemblée, invoquant le "principe de séparation des pouvoirs", a estimé que la demande d'accès du juge à des documents internes "interfère avec l'exercice de la mission de contrôle" du Parlement. La transmission des documents, ajoute le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, remettrait en cause la décision de la commission de la défense de ne pas rendre publiques ses auditions. [...] Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, déplore cette décision qui, selon lui, "ne grandit pas le Parlement".
LIRE EGALEMENT :
- KARACHI, RWANDA : LA SEPARATION DES POUVOIRS A BON DOS, David Servenay, Rue 89, 17/12
Mina Kaci, L'humanité 15/12/2010
"L’information judiciaire pour enquêter sur des soupçons de corruption autour d’un contrat d’armement, dit Sawari II, avec l’Arabie saoudite est ouverte. Le parquet de Paris a en effet donné son feu vert après la demande faite, en novembre, par le juge Renaud Van Ruymbeke, qui investiguait sur le volet de l’affaire Karachi. Cependant, ce dernier n’enquêterait pas sur ces faits nouveaux au motif qu’ils sont de «nature différente», selon le parquet de Paris, non sans provoquer la colère des parties civiles, voyant dans cette décision une volonté d’écarter le juge Van Ruymbeke.
Conclu dans les années 1990, ce contrat prévoyait la vente de frégates La Fayette pour 2,9 milliards d’euros. Le montant des commissions, légales jusqu’en 2000, s’élevait à 18 % de la somme du contrat. Les juges examinent l’hypothèse selon laquelle l’attentat de Karachi de 2002 aurait été commis en raison de l’arrêt du paiement des commissions. Deux intermédiaires ont touché d’importantes sommes, comme ils l’ont fait sur un autre contrat effectué la même année avec le Pakistan.
Selon Bernard Cazeneuve, rapporteur de la mission parlementaire sur l’attentat, « pour raisonner sur la problématique » d’un lien entre un arrêt de versement de commissions et la tuerie, « il faut prendre en compte » à la fois le contrat de vente de sous-marins conclu avec le Pakistan et la vente de frégates, la même année, à l’Arabie saoudite.
Le député socialiste a dénoncé hier de « nouvelles manœuvres », après l’ouverture de l’instruction distincte. Il revient désormais à la présidente du tribunal de grande instance de Paris de désigner le juge d’instruction qui réalisera cette nouvelle enquête. «Je m’inquiète du risque de saucissonnage» du dossier Karachi, déclare Bernard Cazeneuve. «Cette stratégie du parquet, d’entrave du travail des juges indépendants, constitue une nouvelle manifestation de mépris à l’égard de la volonté des familles d’accéder à la vérité», ajoute le rapporteur de la mission parlementaire."
lien direct : http://www.humanite.fr/16_12_2010-karachi%E2%80%89-nouvelle-enqu%C3%AAte-ouverte-460244
LIRE EGALEMENT :
- FRÉGATES D'ARABIE SAOUDITE, LE TRÉSOR DE LA CAMPAGNE BALLADUR, Régis Soubrouillard, Marianne2, 18/12
Guillaume Dasquié, Libération 15/12/2010
"L’ONG Anticor, dédiée à l’étude des phénomènes de corruption, a déposé plainte ce mercredi dans le volet financier du dossier Karachi. Cet après-midi, l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti, s’est constitué partie civile entre les mains du juge Renaud Van Ruymbeke.
Dans un courriel transmis à «Libération», l’avocat estime que «les révélations de ce dossier mettent en évidence l’importance structurelle de la corruption dans le fonctionnement de l’Etat et ce jusqu’à son plus haut niveau. La gravité des faits dénoncés ne peut échapper à personne, tant elle démontre, que les plus hautes autorités de l’Etat ont utilisé les prérogatives du pouvoir qui leur étaient démocratiquement confiées par les citoyens, pour satisfaire contre l’intérêt général, contre l’intérêt économique, des intérêts partisans et personnels».
Une audience de la chambre de l’instruction consacrée au volet financier du dossier Karachi se déroulera le 10 janvier. Cette chambre chargée d’examiner le bien-fondé des procédures judiciaires devra se prononcera sur la recevabilité de l’instruction de Renaud Van Ruymbeke sur les soupçons de corruption entourant la vente de sous-marins Agosta, en 1994, au Pakistan..."
suite de l'article : http://www.liberation.fr/politiques/01012308296-karachi-une-ong-anticorruption-porte-plainte
LIRE EGALEMENT :
- KARACHI : LA NOUVELLE ENTRAVE PRÉSIDENTIELLE, Sarkofrance 17/12
vendredi 10 décembre 2010
[video] - [@si : investiguer sur Karachi]
Version intégrale du débat diffusé sur Arretsurimage.net au sujet de "l'affaire Karachi".
Enregistré le 26 novembre 2010. Durée : 1h30.
Animé par Daniel Schneidermann avec Magali Drouet, Fabrice Arfi, Guillaume Dasquié, Dan Israel, Didier Porte...
samedi 4 décembre 2010
[revue de presse] - [86] - [samedi 4 décembre 2010]
Dan Israel, Arrêt sur image
Enquête sur les récents articles du Monde et du Figaro autour de l'attetat de Karachi...
"Le Monde ne croit pas au lien qui pourrait exister entre l'attentat de Karachi, qui a tué 14 personnes dont 11 employés français de la DCN le 8 mai 2002, et l'arrêt du versement des commissions sur ventes d'armes par Jacques Chirac, en 1995.
Et il le dit de façon très nette, sans doute pour la première fois : "Y a-t-il un lien entre l'attentat de Karachi et le financement de la campagne présidentielle de 1995 ? Probablement pas, mais chacun a intérêt à entretenir cette fiction juridique pour faire avancer un dossier si sensible qu'il est constamment menacé d'étouffement."
Ces phrases ouvrent l'article de Franck Johannès, qui détaille la "construction judiciaire un peu acrobatique" du dossier, auquel sont consacrées trois instructions différentes. Le Monde, dans son édition datée du 1er décembre, consacre quatre pages d'explications détaillées à "l'affaire de Karachi, une rivalité d'Etat".
La plupart des éléments avancés correspondent à ce qui a été dit sur notre plateau la semaine dernière. Mais, alors que nos invités étaient restés prudents sur les liens possibles entre arrêt de versement des commissions et attentat, laissant entendre à plusieurs reprises que ce lien n'était pas prouvé, mais pas non plus démenti, Le Monde tranche.
Le lien possible entre les deux éléments de l'affaire -la vente d'armes au sens large, et l'attentat- avait été évoqué pour la première fois en 2002 dans le "rapport Nautilus", révélé en 2008 par Mediapart (comme nous l'expliquions ici). Rédigé par Claude Thévenet, un ancien des services secrets pour le compte de la DCN, il avait été saisi par les enquêteurs au siège de l'entreprise.
La piste pointée par le rapport Nautilus a été propulsée sur le devant de la scène par le juge d'instruction Marc Trévdic, qui enquête sur l'attentat lui-même. En juin 2009, il qualifiait cette piste de "cruellement logique", avant d'indiquer un an plus tard que cette "piste financière" lui semblait la seule "crédible". Mais Le Monde rappelle que l'expertise de Thévenet est sujette à caution : "Il est d'autant plus péremptoire qu'il n'a guère de preuves, et qu'il a facturé sa prestation 40 000 euros : il fallait que la DCN en ait pour son argent." D'ailleurs, "la mission d'enquête parlementaire, en mai, a été estomaquée par ses méthodes"...."
Et il le dit de façon très nette, sans doute pour la première fois : "Y a-t-il un lien entre l'attentat de Karachi et le financement de la campagne présidentielle de 1995 ? Probablement pas, mais chacun a intérêt à entretenir cette fiction juridique pour faire avancer un dossier si sensible qu'il est constamment menacé d'étouffement."
Ces phrases ouvrent l'article de Franck Johannès, qui détaille la "construction judiciaire un peu acrobatique" du dossier, auquel sont consacrées trois instructions différentes. Le Monde, dans son édition datée du 1er décembre, consacre quatre pages d'explications détaillées à "l'affaire de Karachi, une rivalité d'Etat".
La plupart des éléments avancés correspondent à ce qui a été dit sur notre plateau la semaine dernière. Mais, alors que nos invités étaient restés prudents sur les liens possibles entre arrêt de versement des commissions et attentat, laissant entendre à plusieurs reprises que ce lien n'était pas prouvé, mais pas non plus démenti, Le Monde tranche.
Le lien possible entre les deux éléments de l'affaire -la vente d'armes au sens large, et l'attentat- avait été évoqué pour la première fois en 2002 dans le "rapport Nautilus", révélé en 2008 par Mediapart (comme nous l'expliquions ici). Rédigé par Claude Thévenet, un ancien des services secrets pour le compte de la DCN, il avait été saisi par les enquêteurs au siège de l'entreprise.
La piste pointée par le rapport Nautilus a été propulsée sur le devant de la scène par le juge d'instruction Marc Trévdic, qui enquête sur l'attentat lui-même. En juin 2009, il qualifiait cette piste de "cruellement logique", avant d'indiquer un an plus tard que cette "piste financière" lui semblait la seule "crédible". Mais Le Monde rappelle que l'expertise de Thévenet est sujette à caution : "Il est d'autant plus péremptoire qu'il n'a guère de preuves, et qu'il a facturé sa prestation 40 000 euros : il fallait que la DCN en ait pour son argent." D'ailleurs, "la mission d'enquête parlementaire, en mai, a été estomaquée par ses méthodes"...."
suite de l'article (payant) : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3573
Christophe Barbier, L'express
"Quand Hervé Morin a reçu, des trois services concernés au ministère de la Défense, les documents réclamés par la justice dans le cadre de l'affaire Karachi, il leur a demandé si aucune pièce n'avait été oubliée. "Aucune", ont assuré les responsables. "Mais, quand je leur ai demandé de certifier par écrit que les dossiers étaient complets, qu'ils n'avaient rien caché, raconte l'ex-ministre, l'un des services a subitement retrouvé quelques éléments à joindre à l'envoi..."
article complet : http://www.lexpress.fr/actualite/indiscrets/des-documents-oublies-dans-l-affaire-karachi_942328.html
Bruno Place, L'observateur du cambraisis
"Jean-Jacques Candelier, député communiste du Nord, également maire de Bruille-lez-Marchiennes et président de la CCCO, est prêt à transmettre au juge d'instruction Marc Trévidic, chargé d'enquêter sur le Karachigate, les documents de la mission d'information parlementaire dont il a été membre et qui examinait les circonstances de l'attentat de Karachi de 2002.
C'est chose faite depuis le 1er décembre. En diffusant ce courrier, Jean-Jacques Candelier prend le contre-pied du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui refusait de transmettre ces procès-verbaux à la justice.
L'Observateur du Douaisis: Pourquoi allez-vous donner vos documents au juge d'instruction ?
Jean-Jacques Candelier: Je veux la vérité pour les familles des victimes. Par principe, je pense qu'il faut aider la justice. Pour moi, on veut étouffer cette affaire.
Jean-Jacques Candelier: Je veux la vérité pour les familles des victimes. Par principe, je pense qu'il faut aider la justice. Pour moi, on veut étouffer cette affaire.
Les documents que vous avez en votre possession peuvent-ils faire éclater la vérité ?
Je n'en sais rien. Je n'en connais pas le contenu précis et je ne vais pas les potasser pendant mon week-end. Il est possible qu'il n'y ait rien d'intéressant dedans. Je compte les donner simplement pour aider la justice.
Je n'en sais rien. Je n'en connais pas le contenu précis et je ne vais pas les potasser pendant mon week-end. Il est possible qu'il n'y ait rien d'intéressant dedans. Je compte les donner simplement pour aider la justice.
Quels sont ces documents ?
Il s'agit de la retranscription précise faite à partir de notes de collaborateurs et d'enregistrements des auditions menées par les cinq parlementaires de cette mission Karachi.
Il s'agit de la retranscription précise faite à partir de notes de collaborateurs et d'enregistrements des auditions menées par les cinq parlementaires de cette mission Karachi.
L'interview dans son intégralité dans notre édition du 2 décembre"
article complet : http://www.lobservateurdudouaisis.fr/actualite/Affaire-de-Karachi/-Jean-Jacques-Candelier-pret-a-tout-dire-au-juge-1873.html
Gerard Davet, Le Monde
"L'ancien ministre de la défense (1993-1995) François Léotard a le sentiment que l'attentat de Karachi, qui a fait onze victimes françaises en 2002, est dû à l'arrêt du versement des commissions à des intermédiaires pakistanais, en marge du contrat Agosta signé en 1994. C'est ce qu'il affirme dans son procès-verbal d'audition devant la mission parlementaire d'information, établi le 24 novembre 2009.
Ce document a été remis, mercredi 1er décembre, au juge antiterroriste Marc Trévidic par le député communiste (Nord) Jean-Jacques Candelier, membre de la mission. Le Monde a pu consulter les déclarations de l'ancien ministre du gouvernement Balladur : "Soit c'est Al-Qaida, mais cela me paraît peu probable compte tenu de la nature des explosifs utilisés, soit c'est une vengeance de personnes n'ayant pas touché leur part de commissions, dit M. Léotard aux députés qui l'interrogent sur l'attentat. Je penche personnellement - mais c'est juste un sentiment - pour la deuxième hypothèse."
Ces propos viennent conforter la thèse avancée par le juge Marc Trévidic dans l'enquête sur les origines de l'attentat : en interrompant, en 1995, le circuit des commissions versées à des intermédiaires, en marge du contrat Agosta de vente de sous-marins au Pakistan, le président Jacques Chirac aurait enclenché un mécanisme infernal.
Selon M. Léotard, d'autres membres du gouvernement Balladur avaient également suivi les péripéties du contrat. "J'évoquais souvent avec Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, les contrats d'armement en cours de négociations, rappelle-t-il. J'ai toujours informé l'Elysée et Matignon du nom des intermédiaires." Il a nommément désigné ceux qui, à son cabinet, traitaient le dossier Agosta, parlant de Renaud Donnedieu de Vabres, son conseiller spécial, et de Hervé Morin, conseiller parlementaire et futur ministre de la défense de Nicolas Sarkozy.
Contacté par Le Monde, M. Morin s'est défendu d'avoir pris part aux négociations : "Je n'ai jamais participé à ces contrats militaires, assure-t-il. Il suffirait de consulter le registre des entrées au ministère de la défense : le vrai patron, à l'époque, c'était Renaud Donnedieu de Vabres..."
Ancien directeur de cabinet de M. Balladur à Matignon, Nicolas Bazire a également été auditionné par la mission parlementaire, le 17 novembre 2009. Il a nié l'existence de rétrocommissions : "Je juge probable le versement de commissions à la signature, mais impossible car immoral et inutile le versement de rétrocommissions, a-t-il expliqué aux députés. Il me semble peu probable que des intermédiaires proches du pouvoir en place en 1994 déclenchent un attentat sept ans après pour le non-versement de 15 % des commissions…"
Ce document a été remis, mercredi 1er décembre, au juge antiterroriste Marc Trévidic par le député communiste (Nord) Jean-Jacques Candelier, membre de la mission. Le Monde a pu consulter les déclarations de l'ancien ministre du gouvernement Balladur : "Soit c'est Al-Qaida, mais cela me paraît peu probable compte tenu de la nature des explosifs utilisés, soit c'est une vengeance de personnes n'ayant pas touché leur part de commissions, dit M. Léotard aux députés qui l'interrogent sur l'attentat. Je penche personnellement - mais c'est juste un sentiment - pour la deuxième hypothèse."
Ces propos viennent conforter la thèse avancée par le juge Marc Trévidic dans l'enquête sur les origines de l'attentat : en interrompant, en 1995, le circuit des commissions versées à des intermédiaires, en marge du contrat Agosta de vente de sous-marins au Pakistan, le président Jacques Chirac aurait enclenché un mécanisme infernal.
Selon M. Léotard, d'autres membres du gouvernement Balladur avaient également suivi les péripéties du contrat. "J'évoquais souvent avec Alain Juppé, alors ministre des affaires étrangères, les contrats d'armement en cours de négociations, rappelle-t-il. J'ai toujours informé l'Elysée et Matignon du nom des intermédiaires." Il a nommément désigné ceux qui, à son cabinet, traitaient le dossier Agosta, parlant de Renaud Donnedieu de Vabres, son conseiller spécial, et de Hervé Morin, conseiller parlementaire et futur ministre de la défense de Nicolas Sarkozy.
Contacté par Le Monde, M. Morin s'est défendu d'avoir pris part aux négociations : "Je n'ai jamais participé à ces contrats militaires, assure-t-il. Il suffirait de consulter le registre des entrées au ministère de la défense : le vrai patron, à l'époque, c'était Renaud Donnedieu de Vabres..."
Ancien directeur de cabinet de M. Balladur à Matignon, Nicolas Bazire a également été auditionné par la mission parlementaire, le 17 novembre 2009. Il a nié l'existence de rétrocommissions : "Je juge probable le versement de commissions à la signature, mais impossible car immoral et inutile le versement de rétrocommissions, a-t-il expliqué aux députés. Il me semble peu probable que des intermédiaires proches du pouvoir en place en 1994 déclenchent un attentat sept ans après pour le non-versement de 15 % des commissions…"
Article complet : http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/12/03/karachi-francois-leotard-pense-que-l-attentat-est-du-a-l-arret-du-versement-des-commissions_1448419_823448.html
Autres articles :
CE QUE FRANCOIS LEOTARD A RÉVÈLE AUX DÉPUTES, Mediapart
Les pensées de Manu
"Ké Karachi ?
Non amie blonde Karachi ce n'est pas le dernier it-cocktail de l'hiver ou le nom d'un jeune créateur qui monte.
Karachi c'est une ville du Pakistan.
Un pays exotique situé vers l'Inde où les dirigeants sont des méchants à moustaches mais on ferait semblant qu'ils seraient gentils cause qu'ils ont la bombe atomique et qu'ils vont tout faire péter si on les fait chier.
Alors me demandes-tu pourquoi parle-t-on du Pakistan pour une affaire qui se passe en France et à laquelle tu ne comprends que couic de rien du tout.
Bouge pas, je t'explique. Dans l'ordre chronologique pour que ton neurone arrive à s'y retrouver. Oui, l'histoire elle commence il y a un poil longtemps mais en visionnant les défilés Chanel et Versace de l'époque, tu devrais pouvoir connecter..."
suite de l'article : http://www.lespenseesdemanu.com/archive/2010/12/01/la-politique-expliquee-aux-blondes-7-karachi-c-est-fasheune.html
lundi 29 novembre 2010
[revue de presse] - [84] - [mardi 30 novembre 2010]
La bas si j'y suis, France Inter
"L’affaire Karachi expliquée à ma mère L’attentat, les rétrocommissions, le financement de la campagne Balladur, l’implication de Nicolas Sarkozy, les enquêtes et théories successives... vous saurez tout sur l’affaire Karachi. Un reportage de François Ruffin.
Sarkofrance
"Tous les deux ont été premiers ministres. L'un a témoigné devant une mission parlementaire, l'autre devant un juge. Leurs deux auditions ont été enfin publiées. Il nous manque quelques écoutes, et le dossier sera presque complet. Balladur et Villepin se sont partiellement expliqués. Partiellement, car les sous-entendus et les amnésies restent nombreux. Le procès Clearstream tient-il en otage la vérité de l'affaire Karachi ?
[...]
3. Sur les rétro-commissions, Villepin précise que les soupçons de l'époque n'étaient qu'une « intime conviction », suffisante tout de même pour vouloir annuler plus de 200 millions d'euros de commissions. D'où viennent alors ces « très forts soupçons » ? Primo, de « l’examen détaillé des contrats et du caractère anormal d’un certain nombre de dispositions » , « tant sur les montants que sur le calendrier.» Secundo, d'écoutes téléphoniques qui démontraient les contacts fréquents et répétés entre deux intermédiaires, Ziad Takkiendine et Abdulraman el-Assir, et des personnalités politiques du camp Balladur (« des ministres du précédent gouvernement et des membres de leur entourage »). Takieddine a ensuite voulu porter plainte contre le gouvernement français quand il fut prévenu de l'arrêt des versements, mais « Il a fini par céder et l’affaire s’est conclue par la destruction des différents documents entreposés à Genève », rapporté Michel Mazens, l'ancien patron de la Sofresa nommé par Chirac en décembre 1995, devant le juge Van Ruymbeke.
[...]
Mais qui donc était écouté ?
Devant le juge, Dominique Villepin ne voulait pas laisser croire que Jacques Chirac et lui-même orchestraient un cabinet noir chargé d'écoutes, enquêtes et vengeance. Cela affaiblirait sa position personnelle dans le nouveau procès de l'affaire Clearstream, prévu l'an prochain. Ainsi les écoutes téléphoniques n'auraient pas visé d'hommes politiques; elles n'auraient pas été ordonnées par l'Elysée; Chirac ne cherchait qu'à moraliser la diplomatie internationale; etc.
En 2008, le juge Van Ruymbeke avait déjà dû renoncer à identifier les bénéficiaires de rétro-commissions dans un autre contrat, celui des frégates de Taïwan, signé en 1991 sous François Mitterrand pour sa première tranche, augmenté de 2 milliards de francs en 1993 sous Edouard Balladur. Quelques 520 millions de dollars de commissions avaient été versés, un montant confirmé par Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, puis Alain Richard, ministre (socialiste) de la Défense.
Villepin se protège...."
Devant le juge, Dominique Villepin ne voulait pas laisser croire que Jacques Chirac et lui-même orchestraient un cabinet noir chargé d'écoutes, enquêtes et vengeance. Cela affaiblirait sa position personnelle dans le nouveau procès de l'affaire Clearstream, prévu l'an prochain. Ainsi les écoutes téléphoniques n'auraient pas visé d'hommes politiques; elles n'auraient pas été ordonnées par l'Elysée; Chirac ne cherchait qu'à moraliser la diplomatie internationale; etc.
En 2008, le juge Van Ruymbeke avait déjà dû renoncer à identifier les bénéficiaires de rétro-commissions dans un autre contrat, celui des frégates de Taïwan, signé en 1991 sous François Mitterrand pour sa première tranche, augmenté de 2 milliards de francs en 1993 sous Edouard Balladur. Quelques 520 millions de dollars de commissions avaient été versés, un montant confirmé par Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, puis Alain Richard, ministre (socialiste) de la Défense.
Villepin se protège...."
Le Post, Full HD Ready France 5
lien direct : http://www.lepost.fr/article/2010/11/29/2321912_karachigate-clash-cazeneuve-ps-vs-fromiot-ump-chez-paul-amar.html
Marianne2, Philippe Bilger
"...si on avait appliqué comme il convenait les règles, les comptes de campagne d'Edouard Balladur n'auraient pas dû être validés mais ceux de Jacques Chirac non plus, encore plus douteux apparemment. C'est Roland Dumas qui a fait valoir qu'un double choc de cette importance ne pouvait pas décemment être causé. A la rigueur Balladur mais s'il devait entraîner Chirac dans sa chute et ses mécomptes, c'était inconcevable !
On a donc refait les comptes et, miracle, ils tombaient - comme l'expression est mal choisie - « juste ». Le tour de passe-passe accompli, on a voté une validation qui est passée de « justesse ». En effet, quatre voix y étaient hostiles, quatre favorables et c'est le président Dumas qui a fait pencher la balance en faveur de la régularisation. Guère étonnant quand on connaît le parcours, l'intelligence tactique et la tolérance de cette personnalité moins indignée par les défaillances morales et politiques que par l'indignation elle-même. Au Conseil Constitutionnel siégeait également Etienne Dailly qui n'en était plus à un compromis près...."
On a donc refait les comptes et, miracle, ils tombaient - comme l'expression est mal choisie - « juste ». Le tour de passe-passe accompli, on a voté une validation qui est passée de « justesse ». En effet, quatre voix y étaient hostiles, quatre favorables et c'est le président Dumas qui a fait pencher la balance en faveur de la régularisation. Guère étonnant quand on connaît le parcours, l'intelligence tactique et la tolérance de cette personnalité moins indignée par les défaillances morales et politiques que par l'indignation elle-même. Au Conseil Constitutionnel siégeait également Etienne Dailly qui n'en était plus à un compromis près...."
article complet : http://www.marianne2.fr/Affaire-Karachi-publiez-les-debats-du-Conseil-Constitutionnel-_a200262.html
Bakchich, Nicolas Beau
"Ex-directeur financier de la Direction des constructions navales internationales, Gérard-Philippe Menayas a été entendu par quatre juges d’instruction. Mais ce ne fut pas pour l’interroger sur son instructif cahier.
[...]
Gérard-Philippe Menayas et Jean-Marie Boivin se connaissaient, naturellement. Les deux hommes, le haut fonctionnaire de la construction navale et le « répartiteur », se parlaient fréquemment, même lorsque Boivin cesse, en 2004, de travailler pour la DCNI. Menayas écoute attentivement les confidences du grand maître des commissions et les note scrupuleusement. D’abord sur des fiches, puis, après 2007, sur un cahier à spirales intitulé « Verbatim ». Bakchich s’est procuré quelques extraits des brûlants feuillets issus du fameux cahier, où sont mis en cause aussi bien Balladur et Sarkozy que Pasqua, Villepin ou Élisabeth Guigou. « À l’époque, Jean- Marie Boivin craignait de ne pas être dédommagé, il balançait beaucoup de choses, il se défoulait. »..."
article complet : http://www.bakchich.info/Karachi-le-temoin-cle-qui-torpille,12525.html
Rimbus le blog
"En lisant ce qui est paru dans la presse on a envie de rire ! Balladur affirme "ne pas être au courant de commissions"… Sacré Edouard !
Mais alors, de quoi a-t-il parlé avec Cheikh Ali Ben Mussalam, le principal intermédiaire du contrat Sawari 2, dont on notera que les contrats de commissions vont s'avérer «hors normes» avec un pourcentage de 8 % au lieu d'1 ou 2 % (selon ce qu'en dit Libération).
En effet, cet article de Marianne du 13 apût 2001 (à moins qu'il ne soit totalement fantaisiste) prétend que Balladur a rencontré personnellement 4 fois Ben Mussalam… étonnant, non ?
Mais alors, de quoi a-t-il parlé avec Cheikh Ali Ben Mussalam, le principal intermédiaire du contrat Sawari 2, dont on notera que les contrats de commissions vont s'avérer «hors normes» avec un pourcentage de 8 % au lieu d'1 ou 2 % (selon ce qu'en dit Libération).
En effet, cet article de Marianne du 13 apût 2001 (à moins qu'il ne soit totalement fantaisiste) prétend que Balladur a rencontré personnellement 4 fois Ben Mussalam… étonnant, non ?
"Qu'on en juge par ce document inédit: «30.11.93: Rencontre Nicolas Bazire, Ali Ben Mussalam. 18.11.93: Rencontre Balladur, Ben Mussalam, en présence d'un fils du roi Fahd. 20.11.93: Rendez-vous Bazire, Balladur, Ali Ben Mussalam. 23.12.93: Rendez-vous Léotard, Ben Mussalam. 1.1.94: Nouvelle rencontre Bazire, Balladur, Ben Mussalam. 2.1.94: Bazire rencontre Ben Mussalam pour préparer le voyage de Balladur en Arabie Saoudite. 7.1.94: Voyage de Balladur en Arabie Saoudite».
(…) les 22 et 23 décembre 1994 a lieu une nouvelle rencontre Bazire, Balladur, Ben Mussalam et, le 10 mars 1995, un nouveau rendez-vous Donnedieu de Vabres, Ben Mussalam."..."
la suite de l'article : http://rimbusblog.blogspot.com/2010/11/quand-balladur-nous-bourre-le-mou.html
Thierry Ardisson, Canal+
Invitée : Magali Drouet. Il aura fallu attendre Thierry Ardisson pour avoir un résumé correct et de bonnes questions à la télévision au sujet du "KarachiGate". Je ne peux malheureusement diffuser la vidéo ici, Canal+ dégageant systématiquement la vidéo de chaque plateforme.
lien direct : http://www.canalplus.fr/pid3350.html
samedi 27 novembre 2010
[revue de presse] - [82] - [samedi 27 novembre 2010]
LePost
"Dominique de Villepin est venu, a vu... mais n'a pas (con)vaincu. Auditionné par le juge Van Ruymbeke suite à ses déclarations fracassantes sur l'attentat de Karachi sur TF1 (il avait affirmé en connaître un rayon sur le système des rétrocommissions), l'ancien secrétaire général de l'Elysée a été moins bavard devant le juge.
Sur RMC, l'avocat des familles des victimes, Me Olivier Morice, qui était présent pendant cette audition, raconte:
"Ca a duré un peu moins de 5h. Dominique de Villepin a tenu à faire une déclaration, à la sortie de son audition, dans laquelle il confirme l'existence de rétrocommissions, mais qui d'après lui n'ont pas de lien avec l'attentat de Karachi, en mai 2002. Nous n'attendions pas que l'ancien premier ministre reconnaisse qu'il y ait un lien: dans ce cas, sa responsabilité, ainsi que celle de Jacques Chirac était directement engagée."
"Dominique de Villepin a mis en cause des partis politiques, des hommes politiques. Mais quand le juge lui a demandé de mettre des noms sur ces partis et ces hommes, il y a eu un silence de 10 minutes."
"Ce qu'a confirmé Dominique de Villepin, ce sont les soupçons qu'il avait, étayés par des analyses de la DGSE. Les commissions sont revenues en France pour financer des partis politiques qui soutenaient le premier ministre. Mais quand il a prononcé le nom d'Edouard Balladur, c'est pour le mettre hors de cause. Nous lui avons fait remarquer que ces déclarations étaient contradictoires entre ce qu'il a dit dans le livre Le Contrat, ce qu'il a dit la semaine passée sur TF1 et là, face au juge."
"J'ai la conviction que Dominique de Villepin est face à un conflit de loyautés. Il sait qui est concerné par ces rétrocommissions, mais il ne souhaite pas donner de noms. J'ai le sentiment qu'il a fait preuve d'une certaine sincérité. L'embarras qui a été le sien, quand on connait son panache, démontre son conflit de loyauté."
"Faut-il déposer plainte contre lui pour aller plus loin que ce conflit de loyauté? Je n'en suis pas certain."..."
Article complet : http://www.lepost.fr/article/2010/11/26/2318385_attentat-de-karachi-villepin-sait-mais-ne-veut-pas-donner-de-noms.html
Autre article :
- VILLEPIN MUET MAIS PAS SILENCIEUX, Charentelibre
Le Journal du Dimanche, Bruno Jeudy
Le 28 avril 2010, Édouard Balladur accepte pour la première fois de s’expliquer devant les membres de la mission parlementaire qui enquête sur les circonstances de l’attentat de Karachi. Ce jour-là, l’ancien Premier ministre se défend d’avoir financé sa campagne présidentielle "de façon illégale par des rétrocommissions". Extraits d’un document secret que le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, refuse de transmettre à la justice mais que le JDD s’est procuré :
"Sur les causes de l’attentat qui a coûté la vie à onze de nos compatriotes, je ne suis pas en mesure d’éclairer la mission autrement que par les questions que je me pose […]. Quant à l’hypothèse avancée par quelques-uns, tenant au fait que des commissions qui auraient été promises à l’occasion de la signature, en 1994, du contrat prévoyant la fourniture de trois sous-marins au Pakistan n’auraient pas été intégralement versées à leurs bénéficiaires en raison de leur annulation par le gouvernement français en 1996, elle laisse perplexe : en 1996, si j’en crois ce qu’écrit la presse, la quasi-totalité de ces commissions aurait déjà été versée, ce qui limitait le préjudice subi par leurs bénéficiaires ; de surcroît, on a du mal à s’expliquer qu’un motif de cet ordre puisse entraîner, six ans après, en 2002, et par mesure de rétorsion, l’assassinat de onze Français. Je rappelle que je n’ai jamais été informé de l’octroi de commissions, que je n’avais pas à l’être car ce n’étaient pas des sujets qui étaient traités à Matignon […].
Si […] ma campagne avait bénéficié de rétrocommissions à hauteur de 10 millions de francs, cela constituerait un abus de biens sociaux au détriment de la DCN, délit imprescriptible, alors que le Conseil constitutionnel en a validé le financement par une décision du 12 octobre 1995[…]. Dans la période des années 1980-1990, le financement des activités politiques a connu de nombreux incidents judiciaires affectant tous les partis. C’est à cette situation que j’ai entendu porter remède en demandant au Parlement de voter la loi du 19 janvier 1995 relative à la transparence financière de la vie politique...
article complet : http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Edouard-Balladur-Le-financement-en-especes-n-a-nullement-ete-invente-par-moi-document-236458/
KARACHI : SARKOZY EN PREMIERE LIGNE
L'express, Philippe Broussard
""Rumeur malveillante." C'est ainsi que Claude Guéant qualifie la mise en cause de Nicolas Sarkozy dans le volet financier du dossier Karachi. Selon le secrétaire général de l'Elysée, cette enquête ne concernerait "en rien" le chef de l'Etat. Son nom apparaît pourtant bien dans le dossier, et à double titre: comme ministre du Budget (1993-1995) et comme porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur en 1995.
En tant que ministre, Nicolas Sarkozy aurait validé - ce qu'il conteste -le plan de trésorerie de la vente de trois sous-marins français, en 1994, au Pakistan. Ce plan prévoyait le versement de commissions (l'équivalent de 33 millions d'euros) à divers intermédiaires imposés par le gouvernement Balladur. A l'époque, de telles commissions étaient légales.
Pour faciliter ces transactions, Nicolas Sarkozy a, semble-t-il, donné son accord à la création, en novembre 1994, d'une société luxembourgeoise baptisée Heine.
Or cette société est aujourd'hui au cœur des investigations: c'est par elle qu'une partie des commissions seraient revenues en France -sous forme de "rétrocommissions", illégales, elles- à destination du camp balladurien. Un rapport de la police du grand-duché, révélé par le site Mediapart, mentionne le nom de Nicolas Sarkozy et évoque, au sujet d'Heine, des "références qui font croire à une forme de rétrocommission pour payer des campagnes politiques en France".
D'après Mediapart, un autre épisode intrigue les enquêteurs: le conflit financier qui aurait opposé Heine à l'Etat français entre 2004 et 2006. Afin d'éviter tout scandale avant la présidentielle de 2007, le litige aurait été résolu dans la discrétion, avec l'aval du ministre de l'Intérieur de l'époque: Nicolas Sarkozy."
article complet : http://www.lexpress.fr/actualite/politique/karachi-sarkozy-en-premiere-ligne_940248.htmlLES 2 AFFAIRES KARACHI
Rimbus, Mediapart
"Si l'affaire des rétrocommissions liées à la vente au Pakistan des sous-marins "Agosta" semble une piste plausible pour expliquer un financement occulte de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 (ce serait donc la première affaire, française, le "Karachigate"), le lien est plus difficile à établir pour prouver que l'arrêt du versement des commissions liées à ces contrats par le nouveau président Chirac, en 1995, est directement responsable de l'attentat de Karachi de 2002.
Pourquoi ne pas envisager que l'attentat de Karachi pourrait être lié à d'autres affaires qu'Agosta, le but étant de frapper la France, et les salariés français de la DCN à Karachi étant la cible la plus facile à atteindre ? Ce serait donc une deuxième affaire Karachi, plus Pakistanaise.
Cette hypothèse pourrait être validée par la déclaration de Frédéric Bauer, l'homme chargé de stopper les commissions du réseau K, cité par Rue89 : « S'il y avait un lien entre les commissions et l'attentat, ce sont celles de Sawari. » Une piste qu'on retrouve à la page 106 du rapport parlementaire de Bernard Cazeneuve, selon le journal de Pierre Haski, et qui est aussi évoquée par Paris Match, de manière plus précise, en citant Cheikh Ali Bin Mussallam (propriétaire du palace parisien Le Prince de Galles à l'époque) comme victime numéro 1 de ce grand ménage.
D’une part en raison des sommes en jeu, bien plus importantes dans Sawari 2 que dans Agosta. Ensuite parce que le Saoudien n’avait alors reçu qu’une partie de ses « frais commerciaux ». Tandis que Mercor Finance, la société panaméenne des intermédiaires du contrat pakistanais, avait déjà encaissé 85 % des commissions prévues. Autre élément à charge, Cheikh Ali est aussi cité par une note de l’administration américaine du Trésor qui le désigne comme l’un des pourvoyeurs de fonds d’Oussama Ben Laden quand celui-ci combattait contre les Russes en Afghanistan (on en déduit qu'il avait donc des contacts étroits avec des groupes susceptibles d'organiser un attentat à Karachi).
Mais il y a d'autres affaires de vente d'arme au Pakistan, comme ce programme de vente de Mirage 2000 Dassault (initié par Chirac pour 15 milliards de francs, trois fois plus qu'Agosta) qui a aussi été l'objet de négociations en 1996 et de pots de vins (voir les détails rocambolesques du Point 08/96) et qui aurait été annulé suite à des pressions de l'Inde. L'armée Indienne étant équipée de ces même Mirage 2000 a eut un avantage tactique dans la guerre pakistano-indienne de 1999, lui permettant une victoire décisive. Une raison qui semble tout à fait justifiée pour que l'ISI décide de punir les Français, non ?
C'est à l'issue de cette défaite militaire que Pervez Musharraf prendra le pouvoir, et décidera de punir les bénéficiaires Pakistanais des commissions françaises...."
suite : http://www.mediapart.fr/club/blog/rimbus/271110/les-2-affaires-karachi KARACHI : REVELATIONS SUR L'HOMME CLE DES COMMISSIONS
Le Parisien, N.J, 26.11.2010
Les fronts judiciaires se multiplient dans l’affaire Karachi. Désormais c’est une nouvelle juridiction qui s’y intéresse : les prud’hommes de Paris! Jean-Marie Boivin, présenté comme l’homme clé de montages financiers ayant permis le transfert des commissions et rétrocommissions en marge de la vente de sous-marins au Pakistan, attaque en effet son ex-employeur, la Direction des constructions navales (DCN).
Il réclame notamment la somme de 80000 € au titre des frais d’avocats dépensés ces derniers mois sur ses fonds propres.
La DCN lui refuse tout soutien et affirme que Boivin aurait agi de son propre chef dans l’organisation des montages financiers occultes. Or, les documents que révèle « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » semblent prouver qu’il a bel et bien agi sur ordre de la DCN.
La DCN lui refuse tout soutien et affirme que Boivin aurait agi de son propre chef dans l’organisation des montages financiers occultes. Or, les documents que révèle « le Parisien » - « Aujourd’hui en France » semblent prouver qu’il a bel et bien agi sur ordre de la DCN.
Le rôle de Jean-Marie Boivin. Il a été mis en examen pour espionnage et corruption au début de l’été dans un des volets du dossier Karachi. Mais la justice s’intéresse plus particulièrement à lui pour sa gestion de deux sociétés luxembourgeoises, Heine et Eurolux. C’est par ces structures qu’auraient transité les millions d’euros de commissions liées à plusieurs contrats d’armement. Boivin assure qu’il n’a jamais agi pour son propre compte, mais pour celui de la DCN,..."
suite de l'article : http://www.leparisien.fr/attentat-de-karachi/karachi-revelations-sur-l-homme-cle-des-commissions-26-11-2010-1166366.php LES RAMIFICATIONS SUISSES DE L'AFFAIRE KARACHI
Letemps.ch
"Lorsqu’est évoquée la corruption des élites pakistanaises, la Suisse n’est jamais bien loin. Durant dix ans, la justice genevoise a d’ailleurs enquêté sur un vaste réseau de sociétés destinées à enrichir l’actuel président Asif Ali Zardari. Ces investigations, réunies dans une centaine de classeurs fédéraux, ont aussi porté sur le fameux contrat Agosta du 21 septembre 1994 – la vente de trois sous-marins par Paris pour 826 millions d’euros – dont les possibles turpitudes se sont déjà transformées en un feuilleton à scandale pour la droite et pour Nicolas Sarkozy.
Les ramifications suisses de ce dossier remontent à 1997 et au dépôt d’une demande d’entraide pakistanaise. Les nouveaux maîtres d’Islamabad visent alors les comptes du clan déchu de la première ministre Benazir Bhutto et de son mari, Asif Ali Zardari, soupçonnés d’avoir octroyé des marchés publics contre de confortables commissions. La requête pakistanaise énumère une série de contrats problématiques. L’inspection de marchandises par des sociétés suisses, la vente de tracteurs par la firme polonaise Ursus, les sous-marins français et d’autres encore.
La liste initiale
A cette occasion, les autorités pakistanaises visent aussi nommément une série d’intermédiaires. Deux d’entre eux, Amir Lodhi et Abdulrahman El-Assir, des hommes d’affaires proches de la famille Bhutto, désormais au cœur des enquêtes françaises, sont sur cette liste initiale. Le fait que la corruption de fonctionnaires étrangers ne soit pas encore punissable à l’époque ne décourage en rien le Ministère public genevois, alors dirigé par le procureur général Bernard Bertossa, qui ouvre dans la foulée une enquête nationale pour blanchiment d’argent.
Menées avec opiniâtreté par le juge d’instruction Daniel Devaud, les investigations aboutiront au blocage de quelque 60 millions de dollars. Si l’enquête principale va ici se concentrer pour des raisons stratégiques sur le volet des commissions versées par les sociétés suisses SGS et Cotecna, d’autres tiroirs seront ouverts afin de récolter des informations sur le réseau de sociétés qui ont servi à ventiler les commissions liées à la vente des sous-marins...."
suite de l'article : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/74ec9b7e-f8dc-11df-b43d-c23b531657bf|0
Autres articles :
10 QUESTIONS SUR L'AFFAIRE KARACHI, Slate
INTERVIEW FABRICE ARFI
FRANCE INFO, 23.11.2010
jeudi 25 novembre 2010
[revue de presse] - [81] - [jeudi 25 novembre 2010]
BFM TV / 25.11.2010
BFM TV
Autre article :
Le Monde.fr
"...Contrairement à ce que croyaient nombre de gens sur ces bases, reprises dans certains articles de presse, Nicolas Sarkozy n'a jamais été officiellement ni directeur ni trésorier de la campagne d'Edouard Balladur. Son titre officiel, qu'on retrouve dans les archives de la presse de l'époque, dont Le Monde, était bel et bien celui de porte-parole (voir par exemple cet article des Echos du 28 mars 1995). Le directeur de la campagne d'Edouard Balladur était Nicolas Bazire, son autre homme de confiance, qui gérait son cabinet à Matignon, finalement préféré à Nicolas Sarkozy. Quant au trésorier de la campagne, il s'est exprimé sur le site Mediapart : il s'agit de René Galy-Dejean, longtemps député et maire du 15ème arrondissement à Paris.
[...]
Nicolas Sarkozy était-il pour autant privé de toute influence, comme il a tenté de l'expliquer aux journalistes, vendredi 19 novembre ? Pas sûr. D'une part, il jouait un rôle d'homme de confiance auprès d'Edouard Balladur. Après son ralliement au camp du premier ministre, celui-ci n'a eu de cesse de lui confier missions et tâches : ministre du budget, il obtient le porte-parolat du gouvernement et, lorsqu'Alain Carignon est mis en examen en 1994, il récupère son portefeuille de ministre de la communication.
Les "deux Nicolas", Bazire et Sarkozy, comme les baptisera la journaliste Ghislaine Ottenheimer dans un livre (Les Deux Nicolas, la machine Balladur chez Plon), jouent un rôle prépondérant auprès du premier ministre. Omniprésents, ils arbitrent, décident, cornaquent les autres membres du gouvernement... Un article de L'Expansion de 1994 reprend la formule d'Ottenheimer, les présentant comme "les deux gamins les plus puissants de France". La journaliste s'interroge : "Pourquoi [Edouard Balladur] en a-t-il fait ses deux conseillers exclusifs ? Car ils sont sa machine de guerre pour conquérir l'Elysée". Et précise: "Sarkozy a pris le rôle du propagandiste et Bazire celui du machiniste."..."
France Inter
"...« Il n’y avait pas de menace particulière » soutient le responsable de la DCN en poste à Karachi, à l’époque, Gérard Clermont. Une version aujourd’hui démentie par l’ancien chef d’antenne à Karachi pour le compte du Service de coopération technique internationale de police (SCTIP), de 2001 à 2003, Mustapha Laraich, qui, à l’époque, avait alerté sur des « projets d’attentats ». Ce policier révèle également au micro de France Inter que, selon ses sources pakistanaises, les salariés de la DCN auraient été « suivis » et donc « ciblés » trois semaines avant l’attentat. Les notes internes de la DCN que nous avons pu consulter permettent de retracer le fil des alertes depuis le 11 septembre 2001 jusqu’à l’attentat de Karachi. Des notes qui font apparaître une menace bien réelle…
[...]
Ce chef d’antenne pour le Service de coopération technique internationale de police (SCTIP), de janvier 2001 à juillet 2004, réputé pour son savoir-faire et sa bonne connaissance du terrain, est alerté par deux importantes sources pakistanaises de l’imminence de « projets d’attentats » contre « des occidentaux ».
Face à ces informations qu’il juge importantes vis-à-vis de la sécurité des Français encore présents sur place après les attentats du 11 septembre 2001, et notamment le personnel de la DCN (Mustapha Laraich hébergera même à son domicile, après le 11 septembre, l’un des organisateurs de la logistique de DCN), le policier rédige immédiatement une note, datée du 16 avril 2002, qu’il transmet à son autorité de tutelle, le Ministère de l’Intérieur, à Paris.
Quelques jours plus tard, lors d’une réunion de sécurité au Consulat de Karachi, Mustapha Laraich expose ses craintes, et développe le contenu de sa note, en présence de représentants de DCN et de la DGSE, les services secrets français.
Ecoutez le témoignage de Mustapha Laraich. (4’15)
LePost.fr 24/11/2010
Bonus track: "Il existe une liste des rétrocommissions puisqu’on la protège par le secret-défense. Si elle n’existait pas on n’aurait pas besoin de la protéger ". Les rétrocommissions sont un scandale , qui n’ont rien à voir avec le secret défense.
Le Monde.fr
"Le député PCF du Nord Jean-Jacques Candelier s'est dit prêt à remettre à la justice les procès-verbaux de la mission d'enquête parlementaire sur l'attentat de Karachi, dont il a été membre, dans une lettre à l'un des juges chargés du dossier, rendue publique jeudi 25 novembre.
"Je suis informé de votre volonté d'accéder au verbatim de la mission d'information sur 'les circonstances entourant l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi', mission dont j'ai été membre", écrit le député dans un courrier daté de mercredi au juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic, chargé de l'attentat à Karachi, qui a fait quatorze morts, dont onze Français. Rappelant que le magistrat est soumis au secret de l'instruction, il l'informe se tenir à son "entière disposition" pour lui "communiquer les différents PV" de la mission en sa possession...."
Guillaume Dasquié, Liberation
"...
Au nom de l’industrie de l’armement, un haut fonctionnaire de l’Etat Français a conclu, le 24 janvier 2009, un accord avec Jean-Marie Boivin, le financier qui coordonnait le versement de commissions occultes dans le cadre de ventes d’armes, notamment celle des sous-marins au Pakistan. Ledit accord prévoit de le dédommager à hauteur de 8 millions d’euros, comme nous l’évoquions ces dernières semaines. Au large de l’Irlande et de l’Angleterre, se sont ainsi achevées les curieuses tractations engagées dès 2006 entre Jean-Marie Boivin, gérant de la société offshore Heine, et divers ministres en exercice - dont Michèle Alliot-Marie, Thierry Breton ou Nicolas Sarkozy.
Ile de Man. Hier, Libération a obtenu auprès du greffe de la Haute Cour de l’île de Man (Royaume-Uni) la copie certifiée conforme d’un jugement qui atteste de l’existence de cet accord - une pièce qui n’est pas, à ce jour, versée au dossier de Renaud Van Ruymbeke.
La décision de justice de l’île de Man donne force de loi à un contrat du 24 janvier 2009 entre des sociétés privées et un officiel envoyé par Paris. Il stipule qu’«un haut fonctionnaire du gouvernement français», représentant les sociétés d’armement «DCN International SA, DCNS SA et Thales SA», a conclu une transaction au terme de laquelle il accepte de payer une «note d’honoraires émise par M.Boivin», dont «le montant est de 8 millions d’euros». Et elle justifie ces émoluments par les bons offices de Jean-Marie Boivin qui «ont été assurés à travers la Société de développement international Heine SA»...."
Le Monde.fr, Raphaelle Bacqué et Pascale Robert Diard
"Le Monde de jeudi 25 novembre (daté 26 novembre) relate, par le menu, les débats qui ont déchiré le Conseil constitutionnel, en octobre 1995, à l'occasion de l'examen des comptes de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.
Président du Conseil constitutionnel à l'époque, Roland Dumas, qui déclare aujourd'hui au Monde être favorable à la publication des procès-verbaux de la séance, actuellement couverts par le secret de la délibération, a pesé de tout son poids lors du vote final. C'est lui qui a donc emporté la décision.
Les comptes de M. Balladur comportaient pourtant une anomalie : le versement suspect de 10,25 millions de francs (1,56 million d'euros), en espèces. Cet argent pourrait provenir de rétrocommissions, selon une hypothèse privilégiée dans l'enquête menée par le juge Renaud Van Ruymbeke sur la vente de sous-marins au Pakistan, en 1994.
Selon les informations du Monde, dès l'ouverture des débats au Conseil, M. Dumas met en garde ses collègues. Les comptes de Jacques Chirac, leur rappelle-t-il, présentent, eux aussi, des recettes injustifiées et une sous-estimation des dépenses. Et il insiste : si on annule les comptes de l'ancien premier ministre, il faudra aussi annuler ceux du président élu.
Il observe que les dépassements chez celui-ci sont "beaucoup plus sérieux". "Peut-on prendre le risque d'annuler l'élection présidentielle et de s'opposer, nous, Conseil constitutionnel, à des millions d'électeurs et ainsi remettre en cause la démocratie ?", fait-il valoir.
Maurice Faure, éphémère ministre de la justice de François Mitterrand en 1981, rechigne pourtant. "Je n'accepte pas cette solution", dit-il. Il est l'un des seuls à s'émouvoir publiquement. Les rapporteurs, eux, continuent de batailler. A quoi donc ont servi leurs investigations si c'est pour capituler ?
M. Dumas décide alors de suspendre la séance. Il demande aux rapporteurs de revoir leur copie et de modifier les modes de calcul qu'ils ont retenus. Les comptes de campagne d'Edouard Balladur seront finalement validés après cinq jours de débats houleux, malgré l'avis négatif des rapporteurs.
Le telegramme
Nouvelle pièce pour le volet attentat de l'affaire Karachi: selon un ancien policier en poste à Karachi à l'époque, et DCN et les autorités avaient été prévenues d'un risque d'attentat contre les salariés du groupe. Elles n'auraient eu aucune réaction.
«Il y avait des projets d'attentat contre des Occidentaux. C'était des informations obtenues auprès de terroristes (...). Mais après le 11septembre, il y avait très peu d'Occidentaux en dehors des gens de la DCN», a indiqué hier sur France Inter Mustapha Lahrech, à l'époque chef d'antenne à Karachi pour le service de coopération technique internationale de police. Alerté, il en aurait alors averti sa hiérarchie, et aurait répété ses craintes lors d'une réunion de sécurité au consulat de France en présence de représentants de DCN. Sans que des mesures particulières soient prises, accuse-t-il. Les salariés, selon ce policier, «ont été filochés pendant 21jours pour savoir où ils allaient, comment ils allaient, leur parcours...». Jusqu'à ce 8mai 2002, où l'attentat coûte la vie à 15 personnes, dont onze Français.
Le Dauphine
"..Je pense que Sandrine et moi-même avions à la fois l’envie et le besoin de raconter notre histoire, nous avons donc attendu de “ressentir” les choses, d’être intimement persuadées que le moment était venu. Ce livre est avant tout un témoignage en hommage à nos pères et aux autres personnes décédées lors de cet attentat, permettant de garder une trace écrite de cette histoire afin qu’ils ne soient pas enterrés une seconde fois. L’ouvrage est également pour nous l’occasion de raconter, à qui voudra le lire, la façon dont l’État a géré la crise sur le plan humain (en ce qui nous concerne, le terme “inhumain” serait très certainement plus juste), afin que chacun puisse prendre conscience que nous ne sommes pas des privilégiées. Karachi c’est une affaire d’État certes, mais c’est avant tout une histoire d’hommes et de femmes qui se battent pour que la vérité puisse faire surface. Le livre est aussi une façon de “démocratiser” l’affaire, en expliquant ce dossier complexe avec des mots simples, des mots de victimes et non de journalistes ou d’hommes de loi...."
Charente Libre
"Odette Delavie, la mère de Jean-Pierre Delavie, le salarié de la DCN Ruelle décédé dans l'attentat de Karachi en 2002, habite toujours en Charente. «Je vais souvent chez ma fille, à Paris. Mais je demeure toujours à Garat», précise-t-elle.
Elle vit très mal les derniers rebondissements et la polémique sur l'attentat de Karachi. «Pour moi, c'est dur, très dur», dit cette mère qui a perdu son fils. Elle assure: «Si mon mari est mort cet été, c'est à cause de ça.» Mort de ne pas savoir, d'avoir l'impression de se battre «contre quelque chose de beaucoup trop gros». «On se bat contre le gouvernement et nous, on est des petits. Le pot de terre n'a jamais brisé le pot de fer.» Elle en est convaincue: «On ne saura jamais.»
Avec son mari, Odette Delavie faisait partie de l'association «SOS Attentat». «En juin, mon mari a reçu un courrier de SOS Attentat. Il l'a lu et m'a dit "ça ne sert à rien. On ne saura jamais"», dit-elle. Son époux décédait quelques semaines plus tard, miné par cette affaire qui a emporté son fils, âgé de 34 ans en 2002. «Aujourd'hui, je fais comme l'a dit mon mari. Je laisse tomber. Qu'est-ce que je peux faire? Je lis, j'écoute ce qui se dit à la télé, ça me fait mal. Mais que puis-je faire?»
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