jeudi 8 décembre 2011

[video] - [Karachi et le trésor de guerre]

Le 6e épisode de l'excellente série "Manipulations, une histoire française" de Jean-Robert Viallet,  diffusée sur France 5, est en grande partie consacré au Karachigate.

Où comment, dans le cadre de la guerre des droites au milieu des années 90, l'affaire Karachi explique en partie, la montée en puissance de l'affaire Clearstream...

Durée : 53 minutes.

dimanche 4 décembre 2011

[revue de presse] - [117] - [29 novembre - 4 décembre 2011]


APRES L'ASSASSINAT DE PAPA A KARACHI, J'AI DECOUVERT LE MENSONGE 
Paris Match, Magali Drouet, propos recueillis par Caroline Fontaine / 29.11.2011
"Nous sommes en mai. Pourtant, ce lundi, il fait un froid glacial. Chacune des 11 familles est alignée derrière le cercueil de son proche sous un chapiteau dressé sur la plage Verte, à Cherbourg. Faute de place, certains parents ont dû rejoindre le public: 10 000 personnes veulent assister à l’hommage national donné en l’honneur de nos pères, employés de la Direction des constructions navales (DCN), tués à Karachi, au Pakistan, lors d’un attentat visant leur bus.

Longtemps nous attendons l’arrivée des officiels. Enfin le président Jacques ­Chirac apparaît, entouré de son Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et de sa ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. En saluant le président, Sandrine, la fille d’un des tués, lui glisse à l’oreille quelque chose du genre : « Il faudra trouver les responsables, savoir pourquoi. » Jacques Chirac lui fait une réponse rassurante : « On fera tout pour. » On nous martèle qu’Al-Qaïda est à l’origine de l’attentat. C’est quelques mois après ceux du 11 septembre, alors, crédules, assommées de chagrin, nous acceptons cette version.

 “NOUS AVONS VÉCU SIX ANS DANS LE MENSONGE D'ETAT!”

 Les premières années, nous tentons de retrouver un équilibre. Nos pères, souvent les seuls à travailler dans nos foyers, nous manquent. Entre familles de victimes, nous ne communiquons pas ; la DCN a fait son possible pour qu’il en soit ainsi, refusant notamment de fournir les coordonnées des unes aux autres. Entre 2002 et 2008, nous vivons chacune enfermée dans sa souffrance. Le juge Bruguière mène l’enquête. Nous avons confiance en lui. Puis, fin 2008, des articles dans les journaux montrent qu’Al-Qaïda ne peut pas être coupable. Nous n’imaginons pas que la mort de nos pères puisse être liée à la politique de la France. Or les journalistes citent le rapport Nautilus. Selon ce document, l’attentat a été commis en représailles contre le gouvernement français qui n’a pas respecté ses engagements financiers sur un contrat de vente d’armes avec le Pakistan. Le contrat Agosta 90 B. Pour se venger d’Edouard Balladur qu’il soupçonne d’avoir financé sa campagne présidentielle en partie avec les rétrocommissions de cet accord, Jacques Chirac, une fois élu, aurait interrompu le versement des commissions liées à ce contrat.

 Nous avons donc vécu six ans dans le mensonge d’Etat ! Nous nous réveillons d’un coup. La justice n’avance pas, des pièces essentielles du dossier ont été ­annulées, le juge Bruguière refuse d’explorer d’autres pistes. Notre avocat, celui de SOS Attentats, n’a pas fait son travail. Nous découvrons qu’il est aussi le conseil du ministère de ­l’Intérieur. Quel choc ! Avec d’autres ­familles, nous nous regroupons pour mener la bataille.

 Aujourd’hui, plusieurs personnes sont mises en examen – Ziad Takieddine, Nicolas Bazire, Thierry Gaubert… Et les derniers développements de l’enquête semblent montrer que cet attentat est bien lié au financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur en 1995. J’ai l’espoir qu’un jour je saurai enfin pourquoi nos pères ont été tués. Nous avons perdu notre naïveté, notre innocence. Une ou deux fois par semaine, je me rends à Paris rencontrer mon avocat, le juge, donner une interview... Ce combat obsédant, c’est compliqué. Et cela représente beaucoup de temps et d’argent. Ma fille a 6 ans. Je ne l’ai pas vue autant que je l’aurais voulu... Après neuf ans de procédure, je suis en décalage par rapport à ce qu’aurait dû être ma vie. Mais ce combat m’a rendue plus forte"
lien direct: http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Apres-l-assassinat-de-papa-a-Karachi-j-ai-decouvert-le-mensonge-.-Par-Magali-Drouet-355549/




CAMPAGNE DE BALLADUR EN 1995 : UN ANCIEN MEMBRE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL PARLE D'"ENTOURLOUPE"
Le Point, AFP / 01.12.2011
"Jacques Robert, un juriste qui siégea de 1989 à 1998 au Conseil constitutionnel et à ce titre eut à examiner les comptes très contestés de la présidentielle de 1995, notamment ceux d'Edouard Balladur, affirme que cette institution a servi "de caution à une belle entourloupe".

Dans une interview jeudi au Parisien-Aujourd'hui en France, M. Robert, qui avait été nommé au Palais Royal par le président socialiste de l'Assemblée nationale, Laurent Fabius, raconte la façon dont les juges constitutionnels, présidés par Roland Dumas, ont délibéré sur ce dossier majeur et fini par le valider, malgré leurs doutes.

"Les comptes du candidat Balladur accusaient 10 millions de francs de recettes d'origine inconnue. Ils étaient donc irréguliers", assure-t-il, ajoutant que l'ancien Premier ministre n'a jamais répondu aux demandes d'explications des trois conseillers rapporteurs.

Pour lui, les comptes du candidat vainqueur Jacques Chirac n'étaient pas non plus corrects "mais les irrégularités n'avaient pas une telle ampleur".

Les confidences de cet ancien professeur de droit interviennent sur fond de "dossier Karachi", avec une enquête judiciaire sur d'éventuelles rétrocommissions liées à un contrat d'armement avec le Pakistan, qui aurait financé la campagne Balladur.

Le 25 novembre, la justice a élargi son enquête à des contrats d'armements postérieurs, sous la présidence de Jacques Chirac.

Selon un membre de l'UMP ancien balladurien, il n'y a "absolument rien de nouveau dans cette interview". "Il est par ailleurs très étonnant que cet homme qui se souvient de choses extrêmement précises et anciennes ne se souvienne pas de son propre vote".

A plusieurs reprises, l'ex-Premier ministre (1993-1995) a affirmé que sa campagne de 1995 avait été "financée dans le respect de la législation en vigueur".

"Pourquoi parler maintenant? Il s'agit très clairement d'un contre-feu" après la récente décision du parquet d'élargir l'enquête sur l'attentat de Karachi au camp chiraquien, selon cette source.

M. Robert, dans l'interview, dit se souvenir "parfaitement" de ce délibéré. "Et ce n'est pas un bon souvenir. Je vis très mal la façon dont le droit, à cette occasion, a été tordu". Mais il admet effectivement avoir oublié ce que fut son vote. "Peut-être ai-je finalement rallié les arguments de Roland Dumas".

Pour M. Robert en effet, l'ex-ministre de François Mitterrand a pris la parole devant le conseil pour dire : "nous ne sommes pas là pour flanquer la pagaille".

"Mon impression, c'est que Roland Dumas, Jacques Chirac et Edouard Balladur se tenaient à l'époque par la barbichette. Et que nous avons servi de caution à une belle entourloupe", affirme ce président honoraire de l'université Panthéon-Assas, aujourd'hui âgé de 83 ans.

Interrogé par l'AFP, le constitutionnaliste Didier Maus a rappelé que les membres du Conseil constitutionnel s'engageaient par serment à ne pas dévoiler le secret des délibérés. Il observe cependant que "ce n'est pas la première fois que cette règle est bousculée" citant notamment un livre dans lequel Pierre Joxe a relaté des désaccords avec des décisions de l'institution à laquelle il appartenait.

Par ailleurs, selon M. Maus, ce n'est pas du tout une annulation de l'élection présidentielle qui aurait pu être décidée, puisqu'il s'agissait d'un candidat battu, mais seulement un non remboursement de son compte."
lien direct: http://www.lepoint.fr/societe/campagne-de-balladur-en-1995-un-ancien-membre-du-conseil-constitutionnel-parle-d-entourloupe-01-12-2011-1402698_23.php

Autre article:
- JACQUES ROBERT, INTERVIEW INTÉGRALE, Le parisien 01.12.2011 




DASSAULT, TAKKIEDINE, JUNIAC, GAUBERT : L'ALBUM PHOTO DU CLAN PRESIDENT EN COLOMBIE
Mediapart, Karl Laske, Fabrice Arfi. 02.12.2011
 "De nos envoyés spéciaux en Colombie.

«Ici, c'est une vie saine. On fait des promenades, du sport, du cheval. C'est pas un lieu de turpitudes. C'est pas Saint-Tropez.» Thierry Gaubert tente de répondre à la question que tout le monde se pose. Pourquoi Nilo ? Pourquoi lui, le protégé de Nicolas Sarkozy, a-t-il choisi un petit village colombien, à 150 km de Bogota et 9.000 km de Paris, pour y construire la villa de ses rêves, la finca Cactus, en 2001. Pourquoi ? Si ce n'était pour la cacher. Dissimuler la propriété, en même temps que l'argent noir qui a servi à son édification et à son entretien.

L'histoire professionnelle de Thierry Gaubert, qui doit être jugé prochainement à Nanterre dans un important scandale immobilier, est tissée de missions financières occultes. Sa femme, Hélène, a parlé en septembre aux juges de ses voyages en Suisse avec le marchand d'armes Ziad Takieddine, des remises de fonds en espèces à Nicolas Bazire, actuel n°2 du géant du luxe LVMH, durant la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995.

Elle a rappelé au passage que lorsqu'il « allait en Suisse avec Ziad Takieddine », son mari « travaillait au ministère du budget »... sous les ordres de Nicolas Sarkozy. Gaubert, Bazire et Takieddine sont aujourd'hui mis en examen par le juge Van Ruymbeke dans ce dossier.

Le 5 juillet, en faisant irruption dans les bureaux et au domicile de l'ami du président, les policiers français qui travaillent avec le magistrat vont faire une moisson de photos : stockées dans les ordinateurs, dans les boîtes mails ou des albums classiques. Ces clichés obtenus par Mediapart révèlent la Colombie secrète de Thierry Gaubert. La finca Cactus, soustraite depuis dix ans à la curiosité du fisc. Un visiteur de marque, Ziad Takieddine, qui viendra deux fois, est aperçu sur l'un des clichés, ici en décembre 2002.

Il était logique qu'il vienne. A l'époque de cette photo, le marchand d'armes, qui a contribué à l'enrichissement de M. Gaubert, est devenu l'un des rouages du clan Sarkozy autour des marchés du ministère de l'intérieur. M. Takieddine invite lui-même beaucoup dans sa propriété du cap d'Antibes, le premier cercle du futur chef de l'Etat : outre M. Gaubert, ses amis Dominique Desseigne (patron du Fouquet's), Brice Hortefeux, Pierre Charon et Jean-François Copé.

En 2002, pour les fêtes de Noël, la finca Cactus attend un autre homme clé de ce réseau politique : Olivier Dassault, fils du célèbre avionneur, député UMP de l'Oise et administrateur de la Socpresse, la société éditrice du quotidien Le Figaro. Lors d'une randonnée, Takieddine et Dassault prennent la pose autour de Thierry Gaubert.


Simples photos de randonneurs ou flagrant jeu d'influence ? La question se pose. Comme Mediapart l'a déjà raconté, photos à l'appui, Etienne Mougeotte, le directeur des rédactions du Figaro, alors vice-président de TF1, avait été lui aussi plusieurs fois l'invité de M. Takieddine à des dîners organisés dans sa résidence parisienne, aux côtés de Charles Villeneuve, l'ancien animateur et producteur du Droit de savoir.

Malgré ses liens, M. Mougeotte avait défendu « l'objectivité » du traitement – autant dire l'absence de suivi... – de l'affaire Takieddine dans les colonnes de son quotidien.

La famille des propriétaires du Figaro a d'ailleurs déjà frayé avec Takieddine. Fréquemment invité à ses dîners, Thierry Dassault, le frère d'Olivier, patron de la branche «multimédia» de l'empire familial, avait investi dans la société Gemplus aux côtés du marchand d'armes. « Olivier Dassault, c'est un très bon ami, explique Thierry Gaubert. Il est venu avec sa femme et son fils, et je n'ai jamais fait d'affaires avec lui. »
Suite de l'article (payant): http://www.mediapart.fr/journal/international/021211/dassault-takieddine-juniac-gaubert-lalbum-photos-du-clan-presidentiel-e

Autres articles :
EN COLOMBIE, LE PALAIS CACHE D'UN HOMME DU PRÉSIDENT, Mediapart. 01.12.2011
- NIBAR ET NICHON, LES DRÔLES D'AFFAIRES DE THIERRY GAUBERT ET SON ASSOCIE, Mediapart. 03.12.2011

Complément, le pearltree des articles de novembre 2011:
Novembre 2011 dans 2011 / Karachi Gate /  (sebmusset)


dimanche 27 novembre 2011

[revue de presse] - [116] - [21-28 novembre 2011]

1 / DÉVELOPPEMENTS JUDICIAIRES 
AU COEUR DE LA SARKOZIE
==

KARACHI : THIERRY GAUBERT MIS EN EXAMEN POUR SUBORDINATION DE TÉMOIN
20 Minutes.fr
"Déjà soupçonné de recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire Karachi, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, a été mis en examen mardi pour subornation de témoin, soupçonné d'avoir fait pression sur son épouse qui l'avait mis en cause."
lien direct: http://www.20minutes.fr/politique/828322-affaire-karachi-thierry-gaubert-mis-examen-subornation-temoin

Autre article: 
KARACHI : BALLADUR RÉAFFIRME QUE SA CAMPAGNE A ÉTÉ REGULIEREMENT FINANCÉE RÉGULIÈREMENT
Libération.fr 21.11/2011

=
AFFAIRE KARACHI : L'OMBRE DE SARKOZY
Le Monde, Gerard Davet et Fabrice Lhomme  22/11/2011
Qualifiée de "fable" par Nicolas Sarkozy dès 2009, l'affaire de Karachi menace pourtant de parasiter sa - probable - campagne présidentielle. Le 22 septembre, l'Elysée, désireux d'éteindre l'incendie qui se propageait à la suite de la mise en examen de deux proches du président, publiait un communiqué pour assurer qu'il n'était en rien concerné par l'enquête judiciaire. "S'agissant de l'affaire dite de "Karachi", le nom du chef de l'Etat n'apparaît dans aucun des éléments du dossier", assurait le texte. L'examen de la procédure conduite par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire contredit formellement cette affirmation péremptoire. A divers titres, M. Sarkozy est impliqué dans cette affaire, dont les développements l'embarrassent au plus haut point. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il soit, en l'état, mis en cause au sens judiciaire du terme.

Le budget, ministère-clé. Le volet financier de l'affaire de Karachi porte sur d'éventuelles rétrocommissions : des sommes prélevées sur plusieurs contrats d'armement signés entre 1993 et 1995 avec le Pakistan et l'Arabie saoudite auraient abondé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. A cette période, M. Sarkozy était en poste au budget. Or, institutionnellement, avec le ministre de la défense - François Léotard à l'époque -, celui du budget joue un rôle décisif dans les ventes d'armes en France. En effet, pour les opérations d'exportation de matériel militaire, la signature du ministre du budget doit accompagner celle de son homologue de la défense au bas du document rédigé lors de la conclusion d'un contrat. Il s'agit de la lettre dite "de garantie de l'Etat", par laquelle ce dernier s'engage à se porter financièrement garant de l'entreprise contractante.

Qu'il s'agisse des marchés Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan pour 825 millions d'euros) ou Sawari II (l'achat par l'Arabie saoudite de frégates pour 2,8 milliards d'euros), les deux principaux contrats suspects signés fin 1994, Nicolas Sarkozy les a donc validés en connaissance de cause. Toutefois, si l'enquête a révélé que, par exemple, son ami Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet du premier ministre, ou encore Renaud Donnedieu de Vabres, l'homme lige de François Léotard, avaient été directement au contact des intermédiaires, comme Ziad Takieddine, sur qui pèsent les soupçons de redistribution occulte, M. Sarkozy n'a jamais été cité comme ayant participé à ces négociations financières.

Par ailleurs, l'entourage du président aime à rappeler, s'appuyant notamment sur le compte rendu d'une réunion interministérielle du 29 juin 1994, que, dès le début des négociations avec Islamabad, les fonctionnaires de Bercy se sont montrés réticents à conclure le contrat Agosta. "A l'époque où il était ministre du budget, il avait manifesté son hostilité à ce contrat comme cela apparaît dans les pièces de la procédure", expliquait ainsi - faisant fi au passage du secret de l'instruction - le fameux communiqué de l'Elysée du 22 septembre. Sauf que l'argument peut être retourné, car cela signifie que M. Sarkozy donna son feu vert... contre l'avis de son administration.

D'autre part, cette position est en contradiction avec ce que déclarait M. Sarkozy à des journalistes, en novembre 2010 : "J'ai jamais été ministre de la défense, je suis pas au courant des contrats de sous-marins n égo ciés à l'époque avec un président qui s'appelle M. Mitterrand, (...) en tant que ministre du budget, je n'ai jamais eu à en connaître ni de près ni de loin." S'il n'en a jamais eu connaissance, comment peut-il soutenir s'y être opposé ?

Au coeur de la campagne Balladur. L'enquête portant sur un éventuel financement illicite de la campagne de M. Balladur en 1995, ses principaux acteurs sont susceptibles d'intéresser les juges. Certes, M. Sarkozy, comme il le rappelle souvent, n'était ni trésorier (rôle dévolu à René Galy-Dejean, témoin assisté), ni directeur de campagne (c'était Nicolas Bazire, mis en examen), mais "simple" porte-parole.

Dans les faits, il était beaucoup plus que cela. Principal conseiller du candidat, aux côtés de M. Bazire, il faisait partie des quatre hommes qui siégeaient en permanence au comité politique de la campagne. Et son chef de cabinet, Brice Hortefeux, s'occupait de l'organisation des meetings et donc de la collecte des espèces. Pour autant, aucune audition réalisée par les enquêteurs n'a attribué à M. Sarkozy le moindre rôle dans le financement de la campagne. Reste une question : le proche conseiller de M. Balladur, par ailleurs ministre du budget, pouvait-il ignorer l'origine des fonds qui alimentaient les caisses du premier ministre-candidat ?

Les mystères de la société Heine. Pour faire transiter les commissions suspectes versées en marge d'Agosta, la Direction des constructions navales (DCN, devenue DCNS) avait créé en 1994 une structure opaque, Heine, domiciliée au Luxembourg et gérée par Jean-Marie Boivin. Or, à en croire une chronologie saisie en 2007 par la police au siège de la DCN, M. Sarkozy aurait joué un rôle dans la constitution de cette société-écran.

Non signé, ce document manuscrit indique qu'en 1994, "EAR fait savoir officiellement à DCA que Nicolas Bazire, directeur du cabinet du premier ministre Balladur est d'accord (pour la constitution de Heine)". EAR, c'est Emmanuel Aris, vice-président de la DCN, et DCA, Dominique Castellan, alors président de DCN International (DCN-I). A la ligne suivante, il est indiqué : "Nicolas SARKOZY donne également son accord depuis le ministère des Finances - Bercy."

Reste qu'aucun élément matériel n'est venu conforter cette assertion, d'autant plus fragile qu'elle provient d'un document anonyme. D'autre part, dans une audition récente (le 28 septembre) devant les juges, M. Aris a atténué la portée de cette note. Il a assuré que la mention relative à M. Bazire "ne correspond(ait) pas à la réalité". "Je ne connais pas M. Bazire, je ne l'ai jamais rencontré et je n'ai jamais entendu dire qu'il ait donné son accord pour la création d'Heine."

[...]

Plus troublant, M. Sarkozy a été destinataire, comme d'autres ministres, d'une lettre de chantage adressée en 2006, alors qu'il était ministre de l'intérieur, par M. Boivin. Ce dernier, congédié par la DCN en 2004, cherchait à obtenir des compensations financières (8 millions d'euros), sous peine de "faire des révélations". D'après M. Menayas, M. Boivin aurait même fait passer ses messages menaçants à l'associé de M. Sarkozy dans son cabinet d'avocats, Me Arnaud Claude...

Ce n'est pas tout. En 2006, M. Boivin aurait été menacé physiquement par deux hommes envoyés par M. Sarkozy, selon des confidences faites par M. Boivin à M. Menayas. Les deux hommes en question ont depuis admis s'être rendus au Luxembourg pour "sonder" les intentions de M. Boivin, mais ont expliqué qu'ils avaient été mandatés par la DCN, et non par M. Sarkozy. Reste à savoir à quel titre, plus de dix ans après son départ de Bercy, celui qui était alors ministre de l'intérieur et candidat annoncé à la présidentielle fut destinataire des courriers de menaces de M. Boivin.

Des amis bien encombrants. Si M. Sarkozy est éclaboussé par cette affaire, c'est aussi parce que plusieurs de ses proches sont directement mis en cause : Nicolas Bazire et Thierry Gaubert sont mis en examen, Edouard Balladur pourrait subir le même sort, Brice Hortefeux sera forcément interrogé, d'autant qu'il est suspecté d'avoir livré des informations confidentielles sur l'enquête à M. Gaubert...

Et puis, il y a les liens entretenus par le premier cercle de la Sarkozie avec M. Takieddine - lui-même mis en examen. Certes, M. Sarkozy n'est pas un intime de l'homme d'affaires - au contraire de Jean-François Copé, M. Gaubert ou M. Hortefeux -, mais il est acquis que l'intermédiaire a joué, à plusieurs reprises depuis 2007, les émissaires au profit de l'Elysée. Claude Guéant a ainsi dû admettre qu'il était intervenu dans la libération des infirmières bulgares détenues en Libye. Mediapart a publié des documents indiquant que M. Takieddine s'était aussi prévalu de mandats de M. Sarkozy dans le cadre d'éventuels contrats avec l'Arabie saoudite, la Libye, la Syrie...

Là encore, rien de pénalement répréhensible, mais une nouvelle confirmation que l'ombre du chef de l'Etat plane sur ce scandale politico-financier."
lien direct: http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/21/affaire-de-karachi-l-ombre-de-sarkozy_1607002_3224.html


KARACHI : PROCES CONTRE HORTEFEUX EN 2012
Europe1.fr 22/11/2011
"Le procès engagé par Olivier Morice, l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, contre Brice Hortefeux pour "diffamation" et "menaces" se tiendra le 18 octobre 2012, a décidé mardi le tribunal correctionnel de Paris, à l'occasion d'une audience de fixation. L'ancien ministre de l'Intérieur avait déclaré dans le Nouvel Observateur qu'il voulait "fracasser" Me Morice. L'avocat avait alors décidé de le citer en justice. Il demande 1 euro de dommages et intérêts et 20.000 euros au titre de frais de justice et la publication du jugement dans cinq quotidiens et cinq hebdomadaires."
lien direct: http://www.europe1.fr/France/Karachi-proces-contre-Hortefeux-en-2012-828183/


AFFAIRE KARACHI : ELARGISSEMENT DE 'ENQUETE A UNE "PISTE CHIRAC"
20 Minutes.fr
"Les juges qui enquêtent sur une possible corruption en marge de contrats d'armement et de la présidentielle de 1995 ont obtenu l'élargissement de leur procédure à une nouvelle piste sur des réseaux présentés comme proches de l'ancien président Jacques Chirac, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

 Le parquet de Paris a accordé aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire le réquisitoire dit «supplétif» pour «abus de biens sociaux» qu'ils avaient demandé après l'apparition dans le dossier de nouvelles dépositions et de nouveaux éléments. 

Ils laissent penser que l'argent versé en marge de ces contrats d'armement, déjà supposé avoir financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, pourrait avoir ensuite alimenté ces supposés «réseaux Chirac» après l'accession du maire de Paris à l'Elysée la même année.Vieille de 16 ans, cette affaire trouble la droite car elle réveille de vieilles querelles et le nom de Nicolas Sarkozy, à l'époque des faits ministre du Budget et porte-parole de la campagne Balladur, figure en procédure, dans un rapport de police luxembourgeois concernant la création de structures off shore liées à l'argent des marchés."
Lien direct: http://www.20minutes.fr/societe/830592-affaire-karachi-elargissement-enquete-piste-chirac



2 / LES CADEAUX DE TAKIEDDINE


LES CADEAUX DE TAKIEDDINE
Sarkofrance

"... Depuis l'été dernier, nous avons beaucoup appris sur Ziad Takieddine. Le site Mediapart a lâché toutes sortes de révélations plus troublantes les unes que les autres: l'homme, proche de Jean-François Copé depuis 2001, n'a jamais payé d'impôt ni sur le revenu ni sur le patrimoine malgré une fortune qui se chiffre en dizaines de millions d'euros acquise grâce à des contrats d'armements français; Copé, quand débuta cette fabuleuse exonération fiscale, était à la fois ministre du Budget et fréquent invité de Takieddine, dans ses villas à Antibes ou à Beyrouth, yacht, ou piscine, ou des voyages à Londres, Venises ou au Liban. «J’ignorais évidemment que Takieddine ne payait pas d’impôts! » s'est défendu Copé. Evidemment.


[...]

Jean-François Copé confirmait il y a peu que Ziad Takieddine était son ami: « J’ai toujours assumé mes amitiés, je suis quelqu’un de très droit, très profond, très sincère » disait-il jeudi 17 novembre sur France 2. Il n'avait pas vraiment le choix. On l'a vu tout l'été en compagnie de l'homme d'affaire dans de nombreux clichés publiés par Mediapart.

Mais cette fois-ci, l'accusation franchit un cap.

1. Dimanche 20 novembre, le JDD publiait le procès-verbal de l'audition d'un témoin anonyme devant le juge Renaud van Ruymbeke. Ce témoin accuse Jean-François Copé d'avoir perçu de Ziad Takieddine de quoi règler les travaux d'aménagement d'un appartement de 160 mètres carrés acquis en 2004, rue Raynouard, pour 1,1 million d'euros: « Pour acheter ce bien, M. Copé aurait fait un prêt bancaire sur vingt ans. Par contre, M. Takieddine aurait remis de l’argent liquide à M. Copé pour l’achat et la rénovation ». L'ancien ministre s'est énervé: « On vient me rattacher à une histoire que je n'ai jamais vécue. Tout est bidon » a-t-il dénoncé à l'AFP dès dimanche. Et son ami Takieddine a complété: «Tout ça c'est de l'affabulation. Où sont les preuves ? ».

2. Selon le JDD, les juges enquêtent aussi sur un prétendu compte suisse « ouvert en juillet 2005 par la sœur du maire de Meaux et qui aurait été susceptible de lui servir de "compte de passage"». Copé a confirmé l'existence du compte mais nié en bloc toute malversation: « Tout cela est monstrueux et totalement faux! C’est n’importe quoi. Il n’a jamais été question d’argent entre Ziad Takieddine et moi, et je ne suis pas au courant d’un éventuel compte suisse de ma sœur. Vous me l’apprenez »

3. Mardi 22 novembre, ce témoin anonyme est sorti de son anonymat, il s'agit de Jean-Charles Brisard, un « consultant international » (précisent Match et Arrêt sur Images). Il réfute avoir accusé Copé d'utiliser un compte suisse (dont il confirme cependant l'existence) ni d'avoir touché de l'argent liquide de Ziad Takieddine pour financer les travaux de son nouvel appartement en 2004 (Mise à jour 12h45). Jean-Charles Brisard était un ancien responsable des jeunesses Balladuriennes pendant la campagne de 1995. Son nom a récemment fait surface dans l'affaire du Karachigate.

4. Dans la même période, un autre cadre de l'UMP, haut-fonctionnaire des douanes, fréquentait Ziad Takieddine qui, décidément, avait un carnet d'adresses bien fournis. Pierre-Mathieu Duhamel a été photographié en juillet 2002 sur le yacht de Takieddine, La Diva, fêtant sa récente Légion d'Honneur. Il était en compagnie de Thierry Gaubert, l'ami de Nicolas Sarkozy récemment mis en examen pour abus de biens sociaux dans le volet financier de l'affaire Karachi. Pierre-Mathieu Duhamel avait commencé sa carrière de haut-fonctionnaire au Budget avant d'échouer dans les Hauts-de-Seine version Pasqua après la défaite de la droite en 1988, puis revenir directeur adjoint de cabinet d'Alain Juppé en 1995, puis Directeur général des douanes et droits indirects et secrétaire général de Tracfin, le service anti-blanchiment du ministère des finances de 1996 à 1999. Actuellement président du comité stratégique du géant de l'audit KPMG, il est passé par LVMH où Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur (également mis en examen dans l'affaire Karachi) émargeait depuis l'échec balladurien en 1995. L'homme s'est presque excusé auprès de Mediapart: « J'ai été imprudent, je veux bien concéder ça. Léger aussi, peut-être, mais ces photos sur un bateau ne font pas de moi un intime de M. Takieddine

Entre 2002, date de sa nomination comme Directeur du Budget, et jusqu'en 2006 au moins, Duhamel « a accepté d'autres invitations de M. Takieddine, qui dissimulait alors la totalité de ses propriétés au fisc » a révélé Mediapart.

Résumons-nous: 
1. Depuis 2002, Ziad Takieddine, qui a fait notamment fortune grâce à son rôle d'intermédiaire dans la conclusion de ventes d'armes français, ne paye aucun impôt en France. 
2. Depuis 2002, il est devenu l'ami proche de Jean-François Copé qui deviendra lui-même ministre du Budget à compter de 2004. 
3. Depuis 2002, il fréquente le Directeur du Budget du ministre de l'Economie."

Qui dit mieux ?
Lien direct: http://sarkofrance.blogspot.com/2011/11/les-cadeaux-de-takieddine_22.html



Autre article :
CADEAUX DE TAKIEDDINE A COPE : MATCH CONTREDIT LE JDD
Arret sur Images 22/11/2011


dimanche 20 novembre 2011

[revue de presse] - [115] - [1-20 novembre 2011]

1 / TAKIEDDINE INSISTE
POURQUOI L'AFFAIRE KARACHI S'ENFLAMME
Slate, Emmanuel Fansten 17/11/2011
"Longtemps réputé pour sa discrétion, Ziad Takieddine fait désormais feu de tout bois dans l'affaire Karachi. Persuadé d’être victime d’un complot, l’homme d’affaires franco-libanais n’hésite plus à appeler lui-même certains journalistes pour mettre les choses au clair. Après des mois de menaces feutrées, la contre-attaque est donc bel et bien lancée. Ses dernières révélations, réservées aux juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke, n’ont d’ailleurs pas mis longtemps à fuiter dans la presse. Et elles sont explosives. Alors que les deux magistrats du pôle financier cherchent depuis des mois à comprendre comment des rétro-commissions ont pu servir à financer la campagne d’Edouard Balladur en 1995, Takieddine explique aujourd’hui que ce système occulte n’a jamais pris fin. Et qu’il aurait au contraire continué à alimenter les caisses du clan ennemi, celui formé par les réseaux chiraco-villepinistes. Une véritable bombe à retardement quelques mois avant l’élection présidentielle de 2012. 

[...] C’est peu dire, donc, que les dernières révélations de Ziad Takieddine interviennent dans un contexte hautement inflammable. Accusé d’avoir été le principal artisan des rétro-commissions en marge des contrats Agosta (avec le Pakistan) et Sawari II (Arabie Saoudite), puis écarté du jeu par les chiraquiens après l’élection de mai 1995, il affirme désormais avoir été remplacé par d’autres intermédiaires. Pour appuyer ces lourdes accusations, l’homme d’affaires décrit, numéros de compte à l’appui, un montage financier complexe passant par une banque suisse, sorte de système «bis» utilisant des filières ad hoc. Dans le viseur de Takieddine: Dominique de Villepin, secrétaire général de l’Elysée entre 1995 et 2002, mais surtout le mystérieux Alexandre Djouhri, héros malgré lui du dernier livre de Pierre Péan, La République des mallettes (Fayard). Personnage trouble au parcours énigmatique, Djouhri y est décrit comme une éminence grise de la République au train de vie délirant et à l’entregent fascinant. Un homme soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire dans de nombreux contrats mirifiques passés avec l’Etat français et à qui Péan attribue cette formule lapidaire: «Je les tiens tous par les couilles.» Directement mis en cause par Takieddine, Alexandre Djouhri a déjà annoncé son intention de porter plainte pour diffamation, mais pourrait bien lui aussi finir par devoir s’expliquer. A moins que le parquet ne décide d’étouffer ce volet de l’affaire en refusant d’élargir la saisine des juges à ces nouvelles pistes… 

 Officines et réseaux parallèles Difficile, dans ce contexte, de ne pas voir dans le récent rapprochement entre Sarkozy et Villepin une tentative d’apaisement. Les deux hommes se sont rencontrés discrètement fin octobre à la Lanterne en présence de Claude Guéant. Tous les trois savent aujourd’hui pertinemment qu’ils n’ont rien à gagner à jeter de l’huile sur le feu. Reste la guerre incontrôlable entre Takieddine et Djouhri, qui risque elle aussi de provoquer quelques dégâts. Exactement comme avec Clearstream avant 2007, l’affaire Karachi menace même de déteindre sur l’ensemble de la droite à quelques mois de la présidentielle de 2012. Deux scandales qui ont en commun le rôle central joué par les officines et les réseaux parallèles sur fond de conflit larvé entre balladuriens et chiraquiens. Trois ans avant l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée, en 2004, une note de la DST (ex-DCRI) indiquait ainsi que trois hommes gravitant autour du pouvoir avaient pu «déployer des moyens techniques en relation avec l’affaire Clearstream». Or deux d’entre eux travaillaient justement pour Alexandre Djouhri, alors très proche de Dominique de Villepin. 

Coupable idéal Dans cette lutte d’influence, la galaxie Sarkozy a aussi pu compter sur quelques électrons libres. Le plus remuant s’appelle Pierre Sellier. Ex-conseiller d’EADS, grand amateur de notes en tout genre, il est à la tête de la société Salamandre, soupçonnée d’avoir jouer un rôle trouble en marge de l’affaire Clearstream. Comme l’ont révélé Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme dans Le Contrat (Stock), Sellier s’est également démené dans l’affaire Karachi. Avec un seul objectif: mettre en garde contre l’exploitation «fallacieuse» du dossier par la presse et soutenir contre vents et marées la thèse d’une implication d’al-Qaida dans l’attentat de Karachi. En clair: l’attentat qui a fait 14 morts le 8 mai 2002 n’est pas dû à l’arrêt des rétro-commissions mais aurait été perpétré par des terroristes islamistes. Cette version, longtemps soutenue par le juge Bruguière, n’a jamais convaincu les nouveaux magistrats chargés de l’enquête. Elle continue pourtant régulièrement à refaire surface. Cette semaine, le Nouvel Observateur révèle ainsi ainsi que des fonctionnaires de la DCRI aurait approché le juge Trévidic, en charge du volet terroriste du dossier, pour lui servir à nouveau la thèse d’Al Qaida. Avec de nouveaux détails: l’attentat de Karachi aurait été commandité par un des cerveaux du 11 Septembre, Khaled Cheik Mohamed, aujourd’hui enfermé dans les geôles de Guantanamo. Un coupable idéal servi sur un plateau d’argent par les services de renseignements français, l’idée laisse un peu sceptique Olivier Morice, l’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi: «Au début de l’affaire, la DST et le juge Bruguière avaient déjà caché aux victimes un rapport d’expertise qui excluait la piste d’un kamikaze. Je crains qu’en cherchant de nouveau à imposer cette version, la DCRI soit instrumentalisée par le pouvoir. C’est d’autant plus gênant que c’est le seul service dont le juge Trévidic dispose pour l’enquête sur le volet terroriste. Mais notre force, c’est qu’il y a plusieurs fronts judiciaires dans ce dossier. On peut étouffer un des aspects, il sera impossible d’étouffer l’ensemble de l’affaire.»"


Autres articles :
- COMMISSIONS DE KARACHI : POURQUOI ON SAIT QUE SARKOZY EST IMPLIQUE 
Sarkofrance, 15/11/2011
- LES CONFIDENCES DE l'EX-MADAME TAKIEDDINE
L'express, Anne Vidalie, 08/11/2011
- KARACHI : DJOURHI PORTE PLAINTE POUR DENONCIATION CALOMNIEUSE
Le Monde, 12/11/2011


2. UNE AVANCÉE ?

KARACHI : CE N'EST JAMAIS FINI !
Charente Libre 11/11/11
""Une avancée très importante". Près de dix ans après l'attentat de Karachi qui a fait 14 morts dont 11 techniciens de la DCN, les familles des victimes ne fléchissent pas dans leur quête de vérité. Hier, elles ont ainsi salué positivement l'avis du Conseil constitutionnel d'invalider une loi votée en juillet 2009 étendant le secret-défense à une vingtaine de lieux dont les sièges des services de renseignement. Les «Sages» de la rue Montpensier ne se risquent pas à statuer qu'il s'agissait d'une loi de circonstance directement liée aux investigations des juges Van Ruymbeke et Le Loire sur le volet financier du dossier Karachi. Mais c'est tout comme. Le fait de soustraire des «zones géographiques» (dont la liste n'a d'ailleurs jamais été rendue publique) «subordonne les pouvoirs d'investigation de l'autorité judiciaire à une autorité administrative» tranche le Conseil. En clair, au pouvoir politique au mépris de l'indépendance de la justice. Cette nouvelle fin de non-recevoir allonge une liste déjà fournie de revers de Nicolas Sarkozy face au Conseil constitutionnel. Certains, notamment dans l'entourage du Chef de l'État, veulent y voir l'influence du président du Conseil, Jean-Louis Debré, d'une fidélité sans faille à l'égard de Jacques Chirac. Un peu court le raisonnement, car cette énième censure du Conseil constitutionnel est très ciblée: elle est une réponse cinglante à François Fillon qui avait refusé en novembre 2010 au juge Van Ruymbeke l'autorisation de perquisitionner la DGSE à Paris. Le champ libre désormais laissé aux juges - sous réserve d'autorisation de la Commission consultative sur le secret défense - devrait permettre de tenter de démêler l'écheveau de pistes liées au versement de commissions occultes dans le cadre de la vente par la DCN de sous-marins Agosta au Pakistan..."
Article complet : http://www.charentelibre.fr/2011/11/11/karachi-ce-n-est-jamais-fini,1064474.php


REPORT D'EFFET DANS LE TEMPS
Authueil, 10/11/2011
"Le Conseil constitutionnel vient de rendre sa décision sur le secret défense. La classification des documents est constitutionnelle, par contre, la classification des lieux ne l'est pas. Sur le fond, la décision est équilibrée et juste. Il faut un secret défense, par contre, sanctuariser des lieux, c'est too much. Non, ce qui me dérange, c'est le tout dernier paragraphe : "Afin de permettre à l'autorité administrative de tirer les conséquences de cette inconstitutionnalité, il y a lieu de reporter la date de cette déclaration d'inconstitutionnalité au 1er décembre 2011". On est le 10 novembre 2011... A quoi bon ne reporter que de 20 jours l'ouverture des lieux actuellement sanctuarisés par le secret défense ? A organiser le déménagement et le ménage... Les broyeuses vont tourner ! C'est la première fois que le Conseil constitutionnel "aménage" ainsi une décision d'inconstitutionnalité, pour le confort du pouvoir politique de manière aussi évidente. D'ordinaire, quand un report dans le temps à lieu, c'est en raison des "conséquences manifestement excessives" que pourraient entraîner une annulation immédiate. Pour la garde à vue, il était évident qu'une annulation du jour au lendemain allait mettre une énorme pagaille, on pouvait donc comprendre ce report dans le temps, même si vu sous un autre angle, il était critiquable. Ici, rien de tel ! Une ouverture immédiate des lieux sanctuarisés au titre du secret défense aurait certes gêné le gouvernement, mais aurait sans doute été une très bonne chose pour l'avancement de l'instruction de dossiers entre les mains de la justice. En reportant ainsi l'effet dans le temps de sa décision, le Conseil constitutionnel se rend coupable de complicité de destruction de preuves. Il y a encore du chemin pour que nous ayons une cour constitutionnelle indépendante de l'exécutif, ou qui au moins, ait un minimum de dignité..."
lien direct : http://www.authueil.org/?2011/11/10/1912-report-d-effet-dans-le-temps

INTERVIEW MAGALI DROUET
France 3, Basse Normandie 10/11/2011

KARACHI ; LES FAMILLES DE VICTIMES VONT SAISIR LA CEDH 
NouvelObs, 11/11/2011
"Les familles de victimes de l'attentat de Karachi vont saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour faire condamner la France qui laisse au seul pouvoir exécutif la décision de déclassifier un document secret défense, a annoncé vendredi 11 novembre leur avocat. Le Conseil constitutionnel, saisi par les familles, a censuré jeudi les règles relatives aux lieux classés secret défense, mais a jugé conformes à la Constitution les dispositions encadrant la classification des documents. "Dans sa décision, le Conseil n'a pas abordé un point contraire au principe de séparation des pouvoirs, à savoir qu'il revient au seul pouvoir exécutif de décider in fine de déclassifier ou non des documents" demandés par l'autorité judiciaire, a dit Me Olivier Morice à l'AFP. "C'est pourquoi les familles de victimes vont saisir la CEDH" sur ce point, a-t-il ajouté. Plus généralement, les familles veulent inciter le législateur à l'avenir à ce que la déclassification de documents dépende d'une autorité judiciaire et non plus du seul pouvoir exécutif, a-t-il rappelé. Actuellement, la déclassification d'un document demandée par l'autorité judiciaire est d'abord soumise à la commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) qui rend un avis consultatif qu'est libre ou non de suivre le ministre concerné. Les avis de la CCSDN sont généralement suivis par l'exécutif. "
lien direct : http://tempsreel.nouvelobs.com/elysee-sous-pression/20111111.OBS4321/karachi-les-familles-de-victimes-de-karachi-vont-saisir-la-cedh.html

A lire également : PERQUISITIONS ET SECRET DEFENSE : LA LOI DE 2009 CONTRAIRE A LA CONSTITUTION Menilmontant mais oui madame, 12/11/2011

dimanche 30 octobre 2011

[revue de presse] - [114] - [17-30 octobre 2011]

 1 / UNE 12e VICTIME


KARACHI, LE 12e MORT ET LES DISQUETTES
Le Point, Hervé Gattegno / 28.10.2011
"Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, saisis du volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi, ont confié à la police des investigations sur les circonstances ayant entouré la mort d'un militant associatif de Garges-lès-Gonesse, Akim Rouichi, en 1995. Selon des témoignages récemment recueillis par la Division nationale des investigations financières (DNIF), celui-ci aurait été chargé de missions d'espionnage et de surveillance sur des personnalités liées à la campagne présidentielle d'Édouard Balladur qui l'auraient notamment conduit à intercepter des conversations téléphoniquesLe jeune homme avait été découvert pendu quelques mois après l'élection, sans qu'aucune trace de ses enregistrements soit retrouvée auprès de lui. Les enquêteurs disposent d'une preuve que ces écoutes illicites ont bien existé. Il s'agit d'une note interne à l'état-major de campagne d'Édouard Balladur datée du 5 avril 1995 et adressée au directeur de campagne, Nicolas Bazire, qui rapporte la démarche effectuée par Akim Rouichi lorsque celui-ci s'était rendu au siège du candidat dans l'espoir de "vendre" ses enregistrements. Selon l'auteur de la note - intégralement publiée dans le numéro du Point à paraître jeudi 27 octobre -, l'homme disait avoir été recruté par des réseaux au service de Jacques Chirac et avoir surpris des conversations impliquant notamment François Léotard, Renaud Donnedieu de Vabres, ainsi que certains hauts fonctionnaires et industriels de l'armement. "Aucun souvenir" Interrogé par la police en qualité de témoin le 13 octobre dernier, le rédacteur du document, Jean-Charles Brisard, a confirmé la scène et relaté sa rencontre avec Akim Rouichi. Il a précisé que ce dernier lui avait fait écouter des extraits des écoutes téléphoniques qu'il avait réalisées, et qui portaient sur des contrats de ventes d'armes, dont le fameux contrat Agosta - l'accord prévoyant la fourniture de sous-marins au Pakistan en 1994 - qui est aujourd'hui au coeur de l'enquête des juges. Sollicité par Le Point, Nicolas Bazire a répondu - via son avocat Me Jean-Yves Liénard - qu'il n'avait "aucun souvenir" de cet épisode. L'un des frères d'Akim Rouichi confirme avoir, lui aussi, entendu plusieurs conversations interceptées, dont l'une entre Charles Pasqua et François Léotard - alors tous deux ministres du gouvernement Balladur - relative à une livraison de missiles. "Il était question de commissions", croit-il se souvenir. Lui aussi a récemment été interrogé par la DNIF. 
La note adressée à Nicolas Bazire désigne par ailleurs les commanditaires pour lesquels Akim Rouichi disait avoir effectué ses missions clandestines : deux hauts policiers à la réputation sulfureuse, le contrôleur général Jacques Delebois et le commissaire Patrick Rougelet. Ces deux hommes avaient déjà été soupçonnés, en 1996, de mener des enquêtes parallèles en usant des moyens de leurs services respectifs. Ancien de la DST, Delebois a été impliqué dans l'affaire des micros du Canard enchaîné, en 1973, puis dans celle du "vrai-faux passeport" de l'affaire Carrefour du développement, un scandale politico-financier qui avait marqué le premier septennat de François Mitterrand. Rougelet, lui, appartenait aux RG ; il a été révoqué en 1998. Le Point n'a pas réussi à entrer en relation avec le premier. Le second nous a affirmé n'avoir "jamais rencontré M. Rouichi" ni "traité d'informateurs sans rendre compte" à sa hiérarchie. La famille d'Akim Rouichi a toujours contesté la thèse du suicide, retenue par la justice après sa mort. En 1998, une plainte contre X pour "assassinat" s'était soldée par un non-lieu, les expertises médicales ayant infirmé l'hypothèse d'une intervention extérieure. L'existence des enregistrements avait été évoquée durant l'enquête, mais cette piste n'a jamais été suivie. Ni l'ordinateur ni les disquettes informatiques qui contenaient les mystérieuses écoutes n'ont jamais été retrouvés."

Extrait de l'interview avec François Rouichi (Mediapart):


Autres articles :
- KARACHI, UN FANTÔME AUX PORTES DE L’ÉLYSÉE, Médiapart (payant) 30.10.2011
AFFAIRE KARACHI ; NOUVELLE RECHERCHE SUR UN MILITANT ASSOCIATIF RETROVUE PENDULe Post.fr  28.10.2011
LES ENQUÊTEURS A LA RECHERCHE D'ENREGISTREMENTS, Libération


2 / LA BANDE A BALLADUR



THERRY GAUBERT SOUPÇONNÉ DE SUBORDINATION DE TÉMOIN
Liberation, Sonya Faure / 19.10.2011
"Le parquet de Paris a délivré un réquisitoire supplétif pour subornation de témoin à l'encontre de Thierry Gaubert. Ami et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly et au ministère du Budget, Thierry Gaubert est soupçonné par les magistrats d'avoir fait pression sur sa femme, Hélène de Yougoslavie, afin d'orienter son témoignage devant les policiers qui enquêtent sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, en 1995. Début septembre, lors de son audition par les policiers, Hélène de Yougoslavie, séparée depuis cinq ans de son mari, a en effet remis aux policiers une clé USB où sont enregistrées les menaces de son mari. Gaubert l'aurait notamment sommée d'assumer la création d'un compte bancaire aux Bahamas ouvert sous le nom de l'épouse, d'affirmer que l'argent d'un compte en Suisse venait de sa grand-mère ou de minimiser l'importance de la maison du couple en Colombie, comme l'avaient révélé des PV publiés par Mediapart. «Il n'y a pas de menace [envers sa femme, ndlr]», s'était défendu Thierry Gaubert lors de sa garde à vue. Qui parlait de «discussion», et concèdait «des propos échangés avec énervement». Ce n'est visiblement pas l'avis du parquet, qui a donc lancé une enquête supplémentaire sur cet aspect du dossier. Hélène de Yougoslavie s'est constituée partie civile. Thierry Gaubert est mis en examen, depuis le 23 septembre, pour «recel d'abus de biens sociaux» dans l'enquête sur les contrats d'armement passés par la France avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite ayant potentiellement financé la campagne présidentielle de Balladur en 1995." 
lien direct: http://www.liberation.fr/politiques/01012366613-affaire-karachi-thierry-gaubert-soupconne-de-subornation-de-temoin 

 Autre article :
L'ANCIEN DIR CAB DE BALLADUR CONVOQUE, JDD



AFFAIRE KARACHI : NICOLAS SARKOZY DEFEND SON "AMI' NICOLAS BAZIRE
Le Monde/  27.10.2011
"..."N'avez-vous rien su d'un financement illégal ?" l'interroge le journaliste Yves Calvi. "Ça fait bientôt 17 ans. Est-ce que vous imaginez que s'il y avait quoi que ce soit à reprocher à M. Balladur, on ne l'aurait pas trouvé ?" a relevé le chef de l'Etat. "Je trouve particulièrement odieux qu'on utilise la douleur de familles [des victimes de l'attentat de Karachi en 2002] au service d'intérêts politiciens, de magouilles et, pour tout dire, dans la volonté de salir les gens", a déploré M. Sarkozy. A la question visant à savoir s'il se sentait "visé" par ces affaires, il a ironisé : "Pas du tout ! Pourquoi ?" avant d’égrener les affaires récentes où son nom a été cité (Clearstream, Bettencourt, Karachi) comme autant de tentatives pour le déstabiliser. "Vous savez, un président doit rendre des comptes, la transparence je suis d'accord, la calomnie, non !" a ajouté le président de la République.
"Deux de vos proches sont néanmoins mis en examen, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert…", relance Yves Calvi. "Nicolas Bazire a été votre témoin de mariage. Il ne vous a jamais parlé de financements inquiétants dans la campagne d'Edouard Balladur ?" demande le journaliste. "Nicolas Bazire est quelqu'un que j'aime beaucoup et qui est mon ami. Et maintenant, vous inventez la présomption de culpabilité ? Il a été directeur de cabinet de M. Balladur, ce qui n'est pas infamant à ma connaissance ? Il a toute ma confiance et toute mon amitié", a déclaré M. Sarkozy, convaincu que M. Bazire, mis en examen, est un "homme profondément honnête". "Il ne sortira rien de cela et tout le monde le sait", a conclu le président. ..." 


AFFAIRE KARACHI : LES FAMILLES DE VICTIMES DENONCENT UNE "CONSIGNE" DE SARKOZY AU PARQUET
20 Minutes / 27.10.2011
"Le collectif des familles des victimes de l'attentat de Karachi a dénoncé vendredi après l'intervention de Nicolas Sarkozy sur l'enquête de Karachi «la consigne claire envoyée au Parquet» par le chef de l'Etat. «Nous prenons bonne note de la consigne claire envoyée au Parquet» par le chef de l'Etat qui a affirmé, alors que l'enquête est en cours, qu'il «ne sortira rien» de la mise en cause de Nicolas Bazire.  Les familles des victimes de l'attentat, qui a fait 15 morts le 8 mai 2002 à Karachi, dont 11 salariés de la Direction des Construction Navales (DCN), «déplorent, une fois de plus, le mépris sans limite du chef de l'Etat non seulement à (leur) égard, mais aussi à l'égard du travail des juges d'instruction», écrivent-elles dans un communiqué. «Comment peut-il ainsi évoquer "la douleur des familles", lui qui n'a finalement pas été capable de tenir une promesse aussi simple que celle de nous recevoir une fois par an?», interroge le collectif. «Comment peut-il évoquer la "douleur des familles" alors même qu'un de ses conseillers nous a un jour rétorqué "Monsieur le Président en a assez qu'on l'importune avec des bobos personnels"?» poursuit-il. «Nous ne souhaitons entrer dans cette polémique politicienne orchestrée par Nicolas Sarkozy et lui faisons simplement remarquer que les juges d'instruction en charge des différents volets de cette affaire font un travail remarquable», conclut le collectif...." 
lien directhttp://www.20minutes.fr/ledirect/814516/karachi-familles-victimes-denoncent-consigne-sarkozy-parquet


LE JUGE VAN RUYMBECKE ENQUETE SUR LES MAISONS NORMANDES DE BALLADUR
L'Express, Jean-Marie Pontaut / 26.10.2011
"...Le magistrat, qui devrait convoquer prochainement l'ancien Premier ministre afin de lui demander des explications concernant l'arrivée de très grosses sommes en liquide sur ses comptes de la campagne présidentielle de 1995, pourrait aborder un sujet plus personnel: ses maisons normandes. Selon nos informations, le juge et la police enquêtent sur la façon dont Edouard Balladur a acquis une demeure à Tourgéville (Calvados), un an après son échec à l'élection de 1995. A y regarder de plus près, c'est en réalité son épouse, Marie-Josèphe, qui a acheté cette propriété, le 13 juin 1996. Il est vrai que l'endroit a beaucoup d'allure: nous sommes ici dans le secteur le plus chic de la côte, au mont Canisy, dans les environs de Deauville. La maison, avec vue sur mer, comprend 13 pièces, dont 5 chambres, ainsi qu'une salle de projection, 4 salles de bains, un tennis et une piscine carrelée en mosaïque. Cette belle normande, avec sa façade à colombage et ses airs de manoir, représente le comble du sélect dans la région. Depuis le petit chemin boisé qui plonge vers l'hippodrome local, on la devine à peine, cachée dans la verdure. En 1996, Marie-Josèphe Delacour, épouse Balladur, débourse donc 7,3 millions de francs, soit un peu plus de 1 million d'euros. L'achat, conclu devant deux notaires parisiens, est réglé comptant, sans recourir à un prêt, ce qui est parfaitement légal. Un homme dit avoir permis le rapprochement entre les vendeurs et le couple Balladur: Thierry Gaubert, alors collaborateur de l'ex-Premier ministre, aujourd'hui mis en examen dans le volet rétrocommissions du dossier. Un autre point ne manque pas de surprendre dans cette opération immobilière: à la même époque, le couple Balladur et ses quatre fils disposent déjà d'une autre résidence pour passer leurs vacances en Normandie! Marie-Josèphe Balladur possède en effet, toujours sous son nom de jeune fille Delacour, une deuxième villa, au coeur de Deauville...."
suite de l'articlehttp://www.lexpress.fr/actualite/politique/affaire-karachi-le-juge-van-ruymbeke-enquete-sur-les-maisons-normandes-de-balladur_1044341.html


4 / PLAINTE ET DECLASSIFICATIONS

LES SURVIVANTS DE L'ATTENTAT DE KARACHI PORTENT PLAINTE CONTRE LEUR EMPLOYEUR
Le Monde / 18.10.2011
"Selon Europe 1, les blessés de l'attentat de Karachi ont décidé de porter plainte contre leur employeur, la Direction des constructions navales (DCN) pour "coups et blessures entraînant une interruption de travail de plus de trois mois". "L'objectif de cette plainte est de dénoncer les différents manquements à la sécurité qui ont facilité l'attentat", a expliqué à Europe 1 leur avocat, Me Thibault de Montbrial. Selon eux, la DCN connaissait le danger de la mission et a été incapable d'assurer la sécurité de ses employés. Principale cible de la plainte, selon Le Parisien, le responsable de la sécurité des employés à Karachi, Gérard Clermont. L'homme n'aurait pas respecté les consignes de base, comme varier les horaires et les trajets, en dépit des menaces d'attentat avérées. Les survivants espèrent que leur plainte sera versée au dossier du juge d'instruction Marc Trévidic, qui enquête sur les origines de l'attentat qui a causé la mort de onze employés français, le 8 mai 2002. "
Lien : http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/les-survivants-de-l-attentat-de-karachi-portent-plainte-contre-leur-employeur_1588779_3224.html 

Autre article :
- LES BLESSES DE KARACHI PORTENT PLAINTE CONTRE DCN, L'Usine Nouvelle



KARACHI : VERS DE NOUVELLES DECLASSIFICATIONS?
Le Figaro / 29.10.2011
"La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis deux avis favorables et un avis défavorable à la déclassification de documents secret-défense réclamée par des juges dans le volet financier du dossier sur l'attentat de Karachi. Ces trois avis ont été rendus par la CCSDN lors de sa dernière réunion, le 13 octobre, et sont publiés aujourd'hui au Journal officiel. Ils portent à dix-sept le nombre des avis publiés par cette commission administrative indépendante dans ce dossier complexe. Ces trois nouveaux avis concernent l'enquête des juges Roger Le Loire et Renaud van Ruymbeke sur des contrats d'armements, liés notamment à l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 (11 Français tués). Dans ce volet, Ziad Takieddine, intermédiaire de ces contrats d'armement conclus en 1994, a été mis en examen le 14 septembre par le juge van Ruymbeke pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" sur fond de soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Il revient maintenant aux membres du gouvernement concernés de suivre ou non ces avis. Les quelque 180 avis rendus par la CCSDN depuis sa création ont été suivis dans leur quasi totalité par les ministres concernés. Les trois derniers avis favorables à une déclassification de documents secret-défense, rendus il y a un mois par la CCSDN, avaient été suivis par les ministres et les documents "confidentiel défense" ou "secret défense" déclassifiés."
lien direct: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/28/97001-20111028FILWWW00352-karachi-nouvelles-declassifications.php

Autre article :
- KARACHI, LES AVOCATS DEMANDENT AUX SAGES DE CENSURER LE SECRET DEFENSE, AFP
- FILLON AUTORISE LA DECLASSIFICATION DE DOCUMENT SECRET-DEFENSE, Le Monde 29.10.2011


BONUS

EXCLUSIF : FRANCOIS LEOTARD SORT DE SON SILENCE
Nice Matin / 15.10.2011
"...L'ancien ministre de la Défense et président de l'UDF livre sa vérité sur l'affaire Karachi, les porteurs de valises, Takieddine et Balladur. Une interview à découvrir dans les éditions de samedi des titres du Groupe Nice-Matin. Karachi : "Je n'ai jamais touché d'argent". "Les valises, c'est une image d'Epinal", explique François Léotard, assurant qu'il ne "sait rien" sur les rétrocommissions. Takieddine : "On ne me l'a pas imposé". A l'époque de la signature du contrat, "on ne pouvait pas vendre un boulon sans intermédiaire". Connaissez-vous la vérité sur l'affaire Karachi ? "Je connais des choses que je ne vous dirai pas. Pas sur les rétrocommissions car là franchement je n’en sais rien. Mais sur le contrat et les aspects liés au terrorisme j’ai des choses à dire. J’ai été entendu par le juge Trévidic et cela s’est très bien passé. Nous avions la même thèse : c’est l’interruption des commissions qui a causé l’attentat. Il faut également explorer la piste des sous-marins : on ne devait pas en vendre à l’Inde et le gouvernement d’après en a livré des meilleurs. Les services secrets pakistanais pourraient avoir décidé de l’attentat pour cette raison.
lien direct: http://www.nicematin.com/article/derniere-minute/exclusif-francois-leotard-sort-de-son-silence

TOUS LES ARTICLES D'OCTOBRE 2011:
Octobre 2011 dans 2011 / Karachi Gate /  (sebmusset)

dimanche 16 octobre 2011

[revue de presse] - [113] - [10-16 octobre 2011]

COMPLEMENT D’ENQUÊTE "LA RÉPUBLIQUE DES MALLETTES"
FRANCE 2 10/10/2011
Un seul reportage à voir ce mois-ci :


1. LE FEUILLETON KARACHI RETOMBE A NOUVEAU, 
GUÉANT REBALANCE UNE PELLETÉE POUR ÉTOUFFER L'AFFAIRE

GUEANT RELANCE LA PISTE ISLAMIQUE
Le Point, 10/10/2011
"Le ministre de l'Intérieur a relancé dimanche la piste islamiste pour l'attentat de Karachi en 2002, bien que la justice penche dorénavant pour une attaque perpétrée en représailles au blocage par la France de commissions sur un contrat d'armement avec le Pakistan. "Pour le ministère de l'Intérieur, la piste privilégiée a toujours été la piste islamiste", a déclaré Claude Guéant au Forum Radio J, qui l'interrogeait sur les causes de l'attentat du 8 mai 2002 à Karachi (sud du Pakistan) dans lequel 15 personnes avaient trouvé la mort, dont 11 Français de la Direction des constructions navales (DCN). [...]  "Claude Guéant se prend pour un juge d'instruction ! Il dit cela sans doute pour protéger (l'ex-juge Bruguière)", a réagi Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes. Celles-ci ont déposé une plainte en juin contre Jean-Louis Bruguière pour "faux témoignage" et "entrave à la justice". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. L'ancien juge avait été interrogé en mai par son successeur Marc Trévidic sur l'absence dans le dossier d'un rapport d'autopsie du supposé poseur de bombe, réalisé par des médecins légistes français juste après l'attentat. ..."
suite de l'article : http://www.lepoint.fr/societe/attentat-de-karachi-claude-gueant-relance-la-piste-islamiste-10-10-2011-1382680_23.php


2. TAKIEDDINE DE NOUVEAU ENTENDU PAR LA JUSTICE

20 Minutes 14/10/2011
"Se défendre à tout prix: Ziad Takieddine, mis en examen le 14 septembre dans le dossier judiciaire mêlant ventes d'armes au Pakistan et à l'Arabie saoudite et soupçons de financement occulte de la campagne balladurienne pour l'élection présidentielle de 1995, s’est ouvert à Lexpress.fr ce vendredi. Dans cet entretien, l’homme d’affaires sulfureux raconte son audition, le 5 octobre dernier, par le juge Van Ruymbeke, à propos de l'affaire Karachi: «Je lui ai répété que je n’avais jamais porté de valises bourrées de billets pour qui que ce soit! Le juge sait que je n'ai rien à voir avec la société Mercor [qui aurait touché une partie des commissions liées à la vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994]. J'accuse les responsables de la Direction des constructions navales [DCN] d'avoir falsifié le document que j'ai soi-disant signé». «Pas d’intervention spécifique» dans un contrat de vente d’armes Affirmant avoir «déposé une plainte pour faux il y a plusieurs mois» pour cette supposée falsification, il ajoute qu’«une expertise graphologique, en cours, pourra le prouver». L’homme affirme en outre ne pas croire «à la thèse des rétrocommissions, et surtout pas ce que leur suspension aurait provoqué», c’est-à-dire à l’attentat de Karachi, le 8 mai 2002, causant la mort de onze employés de la DCN. Concernant le contrat Sawari II, portant sur la vente de frégates à l'Arabie saoudite en 1994, Ziad Takieddine explique n’être pas «intervenu spécifiquement dans le contrat» mais explique que des commissions «ont bien été payées par les Saoudiens à la Sofresa [la société qui supervisait les ventes d'armes de l'Etat français]». Répondant aux accusations de l'épouse de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, qui affirme que l’homme d’affaires a rapporté des sacoches d'argent de Suisse pour les livrer à Nicolas Bazire, directeur de campagne d'Edouard Balladur en 1995, Ziad Takieddine répond: «Hélène Gaubert est une femme fragile, que mon ex-épouse a manipulée. N'a-t-elle pas dit qu'elle voulait juste embêter son mari?» Rappel de son action pour l’Etat Sur ces relations avec Nicolas Bazire, un proche du président de la République, Ziad Takieddine affirme qu’il l’a «vu quatre ou cinq fois, avant et pendant la visite d'Edouard Balladur en Arabie saoudite, en janvier 1994. D'ailleurs, à la suite de ce voyage au cours duquel le Premier ministre a été déçu de ne pas signer le contrat Sawari, Bazire a refusé de me prendre au téléphone pendant sept mois...» Quant à la réaction du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui a pris ses distances avec lui, l’homme d’affaires s’interroge: «Claude Guéant serait-il lui aussi frappé d'anosognosie? Mon rôle a été bien réel dans la libération des infirmières bulgares, dans le rapprochement franco-libyen, dans le contrat Miksa de surveillance des frontières de l'Arabie saoudite ou en Syrie. Je suis triste quand il parle de ‘délire’, humainement, ça me touche. Mais je sais ce que j'ai fait».
lien direct : http://www.20minutes.fr/article/806230/affaire-karachi-ziad-takieddine-defend-davoir-porte-valises-bourrees-billets


FRANCE 2 : ZIAD TAKIEDDINE : "L'HOMME QUI EN SAIT TROP ?"
France 2, 5 octobre 2011



COLOMBIE : LE PALAIS DE THIERRY GAUBERT, DERNIER REBONDISSEMENT DE l'AFFAIRE KARACHI ?
Courrier International
"A des milliers de kilomètres de Paris, dans le paisible village touristique d'El Nilo, à deux heures de voiture de Bogotá, la capitale colombienne, une somptueuse villa située dans la propriété El Palmar se retrouve au cœur de l'affaire Karachi, ce scandale de corruption, d'attentat et de dessous-de-table qui tient la France en émoi. La villa Cactus aurait coûté 600 000 euros, soit près d'un million de dollars et son propriétaire, Thierry Gaubert, en aurait fait l'acquisition à la fin des années 1990 pour y établir sa résidence secondaire à travers une société, baptisée elle aussi Cactus, au Bahamas. Cet intime du Président Sarkozy depuis le début de sa carrière était à l'époque marié à la Princesse Hélène de Yougoslavie, celle qui aujourd'hui raconte une partie de ses secrets à la police. 
El Palmar est une propriété qui compte seulement deux maisons. L'autre appartient à un ami de Thierry Gaubert, Jean-Philippe Couzi, ancien époux d'Astrid Betancourt, la sœur d'Ingrid Betancourt et amie de la Princesse Hélène. [...]  C'est le genre d'investissement typique des Français fortunés sous les tropiques. L'arrivée de la princesse avec son escorte de cinq voitures, dont une de l'ambassade française, de son mari et de leurs trois enfants ainsi que des dizaines de valises faisait sensation dans le village. Selon les témoignages obtenus par Semana à Nilo, le couple avait l'habitude d'y venir deux fois par an, en général à Pâques et en décembre. Ils y vivaient dans un faste luxueux. Ils avaient 7 employés à demeure toute l'année, payés chacun entre 600 000 et un million de pesos par mois [entre 220 et 380 euros], et lors de leurs séjours, ils n'hésitaient pas à en recruter d'autres. [...]. Comme l'a révélé l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, les enquêteurs français ont désormais dans leur ligne de mire la villa colombienne, son propriétaire et sa princesse. Ce qu'ils ont découvert met Thierry Gaubert en sérieuse difficulté et son ex-épouse a donné des informations savoureuses à la police française. Un achat de trois sous-marins, un mystérieux intermédiaire franco-libanais, des valises remplies d'euros provenant de commissions illégales transportées par Gaubert de Suisse en France, une décennie d'intrigues politiques françaises sordides, un président, une princesse, une épouse offensée balançant tout à la police, des dizaines de millions d'euros, un attentat qui coûta la vie à 14 personnes, dont 11 Français à Karachi, la capitale du Pakistan et une propriété à El Nilo, Colombie, composent cette sorte de télénovela internationale, dont la "connexion colombienne" constitue un nouveau rebondissement."
lien direct : http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/10/le-palais-de-thierry-gaubert-dernier-rebondissement-de-l-affaire-karachi

Autres articles :
AFFAIRE TAKIEDDINE, LES CURIEUX OUBLIS DE JEAN-FRANCOIS COPE, Mediapart (payant)
TAKIEDDINE DE NOUVEAU ENTENDU PAR LA JUSTICE, Le Monde



BONUS VIDEO : KARACHI ET LA BANDE UMP
MONTAGE VIDEO 30.00


REPORTAGES / CHRONIQUES SUR KARACHIGATE 2011

dimanche 9 octobre 2011

[revue de presse] - [112] - [2-9 octobre 2011]

André Sillam, Blog Nouvel Obs
Cette fin de semaine a vu un bras de fer, au micro d'Europe1,à un jour d'intervalle, entre Dominique de Villepin (Secrétaire Général de l'Elysée, jusqu'en mai 2002) et Ziad Takieddine (homme d'affaires franco-libanais), à propos du versement de rétro-commissions en 1995 dans le cadre de la campagne d'Edouard Balladur et du lien éventuel entre l'arrêt de leur versement et l'attentat de Karachi du 8 mai 2002.

1. Jeudi 6 octobre 2011, l'homme d'affaires Ziad Takieddine dénonçait un complot contre Nicolas Sarkozy et mettait en cause Dominique de Villepin : 1.1 "Je suis le premier qui va dénoncer ce complot et le prouver point par point à l’opinion française", a annoncé Ziad Takieddine. "C’est un complot contre le président de la République, avec les mêmes acteurs que l’affaire Clearstream. Sauf que cette fois ils vont devoir répondre d’actes criminels", a prévenu l’homme d’affaires libanais, avant de se montrer plus précis. "Celui qui doit répondre de ses actes sur l’ensemble du dossier, de 1996 à aujourd’hui, s’appelle Dominique de Villepin". 

[...]

2. vendredi 7 octobre 2011, toujours sur Europe1, 2.1 l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin : - a demandé à l'homme d'affaires Ziad Takieddine d'apporter des preuves à la justice dans le volet financier de l'affaire Karachi : "Il a des preuves ? Qu’il les apporte à la justice. C’est à la justice d’apprécier des choses". - a tenu à préciser que Jacques Chirac a ordonné la fin du versement des commissions dans le contrat de vente de sous-marins au Pakistan sans rien connaître d'éventuelles rétro-commissions en faveur de la campagne électorale d'Edouard Balladur. 


[...] L'homme d'affaires, Ziad Takieddine, détient-il, effectivement, des preuves de ce qu'il avance [...]  Pourquoi ne pas avoir fourni ces preuves, relatives aux rétro-commissions, au juge Van Ruymbeke, mercredi 5 octobre 2011, veille de son interview à Europe1 ? - Réserve-t-il ses révélations et ses preuves au juge Marc Trévidic chargé du volet terroriste de l'affaire de Karachi (le juge Van Ruymbeke ayant instruit l'affaire Clearstream) ?

Autres articles :
- TAKIEDDINE : UNE CLE USB PIEGE HORTEFEUX, Mediapart (article payant)


TF1News
[...] L'audition de l'ancien Premier ministre est "sérieusement envisagée", selon une source policière, mais aucune date n'a encore été fixée. Dans un autre volet de l'affaire, Ziad Takieddine a été mis en examen pour faux témoignage à un juge. Des développements sont également attendus en ce mois d'octobre dans une "affaire dans l'affaire": l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour violation de secret professionnel et recel après la divulgation de conversations téléphoniques entre Thierry Gaubert et l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Ce dernier s'est expliqué vendredi pendant près de trois heures devant les agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). lien direct :http://lci.tf1.fr/france/justice/karachi-retour-chez-le-juge-pour-takieddine-6743217.html


Marianne 2, Frédéric Ploquin
Dans l’enquête sur l’attentat de Karachi, qui a causé la mort de 11 ingénieurs de la Direction des chantiers navals en 2002, il y a deux temps : avant et après 2007. Avant, c’est le célèbre juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière qui mène l’instruction. 

 A son départ à la retraite, et alors qu’il entend se présenter aux législatives sous l’étiquette UMP, le juge Jean-Marc Trévidic prend le relai. Son approche du dossier change radicalement. Largement inspiré par les notes de la DST, comme on appelle alors le contre-espionnage français, le juge Bruguière ne voit qu’une hypothèse possible : celle d’un attentat commandité contre la France par l’organisation chapeauté par Ben Laden : Al Qaeda. Son successeur, sollicité par les familles des victimes et leur avocat, Olivier Morice, ouvre la porte vers une autre hypothèse, celle d’une vengeance après l’arrêt du paiement des commissions liées à la ventre de sous-marins français au Pakistan. Le juge Trévidic met ainsi à jour plusieurs éléments troublants concernant la gestion de l’instruction. Notamment celui-ci : l’évaporation du rapport de deux légistes français chargés d’autopsier les restes de celui qui a été, un peu vite peut-être, présenté comme le kamikaze. Lors de son audition, le 16 mai dernier, le juge Bruguière est formel : on ne lui a jamais remis ce rapport. Une note déclassifiée de la DST, datée du 13 juillet 2002, stipule pourtant que les experts français « ont récemment rendu leur rapports de mission aux magistrats ». Une autre pièce, plus gênante encore, vient d’être versée au dossier : une demande de commission rogatoire internationale adressée par la DST au juge Bruguière, faisant clairement référence aux expertises. Le juge a-t-il orienté l’enquête pour plaire à la fois au camp Chirac, qui dirige désormais le pays, et au camp Balladur, soupçonné d’avoir détourné une partie des commissions pour financer la campagne présidentielle de 1995 ? Enquête complète à paraître dans Marianne demain.



RÉACTIONS POLITIQUES

Europe1
Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle, a évoqué dimanche un possible lien entre le supposé financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 et la mort de 11 Français dans l'attentat de Karachi en 2002. Interrogée sur l'affaire Karachi lors de l'émission "Radio France politique", l'ex-magistrate a déclaré : "C'est un dossier dans lequel il n'y a pas que de la corruption, il y a eu des morts, et des morts sans doute comme conséquence d'un conflit entre les deux droites en France". L'eurodéputée EELV a estimé qu'"on insulte la mémoire des victimes en ne permettant pas la vérité de se faire jour en levant le secret militaire".


Le point
"L'ONG Avaaz et le collectif Sauvons les riches ont rendu publique mercredi une pétition comportant plus de 100 000 signatures et appelant le président Sarkozy à déclassifier immédiatement tous les documents sur l'affaire Karachi. "La pétition Avaaz a recueilli plus de 100 000 signatures en moins d'une semaine, 110 000 à l'heure actuelle. Les chiffres ne cessent d'augmenter, ce qui montre vraiment un appel des citoyens à la levée du secret-défense" dans cette enquête sur un présumé financement politique occulte, a estimé Benjamin Desgachons, membre d'Avaaz. "On demande simplement, comme l'ensemble des citoyens, la levée du secret-défense sur l'affaire Karachi, et encore plus la transparence sur l'ensemble du financement de la vie politique française", a renchéri un manifestant à son côté. De nombreux documents portant sur cette affaire de vente d'armes au Pakistan sont classés secret-défense, empêchant les enquêteurs d'y avoir accès. Une quinzaine de personnes s'étaient rassemblées près du palais de l'Élysée, siège de la présidence, vers 9 heures mercredi, jour du conseil des ministres. 


PS